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الأحد، 10 ماي 2026

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Sécurité du détroit d’Hormuz: une proposition iranienne audacieuse

Sécurité du détroit d’Hormuz: une proposition iranienne audacieuse

 

 

Abed Charef

 

L’Iran a fait aux pays du Golfe une offre qu’ils ne peuvent à-priori refuser. Mais ce n’est pas une offre selon le modèle du parrain reprise par Donald Trump, celle où on met un pistolet sur la tempe de la victime en lui présentant un faux choix. Au contraire, l’offre iranienne est une proposition de bon sens, la meilleure possible, qui permet aux pays de la région d’établir leur souveraineté sur le Golfe et sur le détroit d’Hormuz, sans la présence de forces externes, en premier lieu celle des états-Unis. L’Iran leur propose tout simplement de prendre en charge ensemble la sécurité du Golfe et la liberté de navigation dans le détroit d’Hormouz.

L’offre est évidemment dangereuse. D’abord parce qu’elle remettrait en cause des intérêts, illégitimes, des grandes puissances occidentales, qui veulent imposer leur hégémonie dans la région. Elle serait dangereuse pour l’Iran lui-même qui, avec cette formule, non seulement remet en cause la forte présence des pays occidentaux, mais pousse aussi les pays du Golfe à s’assumer. Dangereuse également pour ces mêmes pays du Golfe qui apprendraient à assumer leur défense, ce qui serait inacceptable pour les protecteurs occidentaux: inciter les pays du Golfe à échapper à l’hégémonie occidentale est un exercice périlleux.

En fait, Téhéran fait preuve d’une innovation remarquable, et d’une ouverture osée envers ses voisins. L’Iran veut à la fois éviter d’affronter ses voisins dans la guerre que lui imposent les État-Unis et Israël, les invite aussi à prendre leur destin en mains, ce qui semble périlleux pour le moment.

 

Droit international et situation de guerre

Pourtant, la proposition iranienne relève du bons sens. Qu’y aurait-il de plus normal en effet que de voir la sécurité de la navigation dans les pays du Golfe et à travers le détroit d’Hormouz assurée par les pays de la région, dans le cadre de la législation internationale évidemment, notamment la convention internationale sur les droits de la mer?

Celle-ci, explique un juriste algérien, délimite avec précision l’étendue des eaux territoriales où la souveraineté des états riverains est totale, et les différentes autres zones où ces droits diminuent progressivement. Les obligations des états riverains sont également définies dans le détail, y compris dans les fameux passages en transit, comme le droit d’Hormuz. Il n’y a aucune place aux approximations.

Cela relève du bons sens car il serait incongru, par exemple, de voir des navires chinois assurer la sécurité de la mer du Nord, ou des avions indiens gérer la navigation dans le Golfe du Mexique. Quoi de plus normal alors que de voir les pays du Golfe rester maîtres dans les eaux du Golfe, en y respectant évidemment la liberté de navigation ?

Pour le détroit d’Hormouz, il faut noter qu’à certains endroits, il n’y a pas vraiment d’eaux internationales. Les eaux territoriales de l’Iran et d’Oman s’y rejoignent et se chevauchent. Tant que le monde était en paix, la navigation y était libre. La situation n’a dégénéré qu’avec la guerre contre l’Iran. Ce sont les Américains qui ont créé la crise.

De plus, comme l’Iran fait face à une agression menée à partir de bases militaires installées dans les pays voisins, il est normal qu’il se méfie de tout navire s’approchant de ses côtes. La situation de guerre lui donne naturellement le droit de vérifier si les navires s’approchant de son territoire ne présentent pas un danger.

 

Préparer l’après-guerre

Ceci amène à anticiper ce que sera le Golfe de l’après-guerre, avec toutes les manœuvres en cours. Qui en assurera la sécurité, qui veut à tout prix s’y incruster, en plus des états-Unis, et d’où pourraient venir les menaces possibles?

Pour l’heure, l’Iran hausse le ton. Contrôler totalement la navigation, instaurer un droit de passage, interdire le passage à certains pavillons, tout cela relève d’une surenchère tout à fait banale au moment de préparer la négociation. Téhéran finira pas se plier à la légalité internationale, avec toutefois la possibilité de l’adapter à ses besoins de défense.

Mais la curiosité du moment, c’est la France et la Grande Bretagne qui veulent participer à la sécurité de la navigation une fois la guerre terminée. La France a même envoyé un porte-avions dans la région.

Assurer la sécurité de la navigation contre qui? Avant d’être agressé, l’Iran n’a jamais mené d’action susceptible de troubler la liberté de navigation. La menace, c’est Israël et les états-Unis.

Français et britanniques vont-ils s’installer à leur tour, créant un élément de déstabilisation supplémentaire? C’est d’autant plus inquiétant que la France a des accords de défense avec les Émirats Arabes Unis, pays vassal d’Israël, et le plus agressif contre l’Iran. Une provocation israélienne, par le biais des Émirats, pourrait-elle pousser la France à attaquer l’Iran, confirmant la nocivité de la filière Israël-France-Émirats ?

Dans une zone devenue poudrière, tout devient possible. Et inquiétant. Car jamais la présence d’armées occidentales dans la région, ni ailleurs en Asie ou en Afrique, n’a apporté la paix et la stabilité.

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