anep-logo-new

الثلاثاء، 5 ماي 2026

  • Logo of instagram
  • Logo of facebook
  • Logo of youtube
  • Logo of tiktok

Comment le calendrier de Donald Trump favorise l'Iran

Comment le calendrier de Donald Trump favorise l'Iran

 

 

Être riche et puissant ne prémunit pas contre la bêtise. Cela peut même développer un comportement brutal, odieux, jusqu’à l’abject.

Donald Trump en offre un modèle parfait. Une sorte de caricature du personnage méchant, arrogant, jouant constamment à abaisser et à humilier les autres. Un peu à la manière de l’élève gros bras, fort et stupide, qui s’en prend aux handicapés dans une cour d’école, pendant la récréation. Pendant ce temps, les autres élèves, redoutant que le grand méchant se retourne contre eux, applaudissent, un peu comme le font les commentateurs des plateaux télé.

Ce comportement, détestable à une échelle individuelle, devient destructeur quand il est transposé à la géopolitique. Et encore plus dangereux quand il s’agit de celui qu’on considère comme l’homme le plus puissant du monde, le président des États-Unis d’Amérique.

Parler du comportement erratique de M. Trump ne relève pas de l’antiaméricanisme ou d’une quelconque hostilité envers les valeurs dont se prévalent les pays dits démocratiques. Il faut rappeler l’essentiel: l’agression contre l’Iran est illégale.

De plus, des dirigeants américains de premier plan ont admis que la guerre contre l’Iran a été menée sans objectif clair, ni stratégie élaborée. Une démarche avec un tel manque de discernement peut multiplier les destructions, accumuler les assassinats, mais ne garantit pas la victoire. Bien au contraire, l’issue la plus probable est l’impasse, si ce n’est la débâcle. Particulièrement quand le chef de guerre, de nature velléitaire et impatiente, est soumis à des contraintes de calendrier défavorables.

 

Rendez-vous compromis avec Xi Ping

Et sur ce point, Donald Trump est bien servi. Il est soumis à cinq échéances pressantes, qui le forcent à tenter d’aller vite, alors que dans la guerre, la maîtrise du temps est une donnée essentielle.

Donald Trump doit se rendre en Chine dans une semaine. Il ne peut pas s’engager dans des négociations de fond avec Pékin alors qu’il ne maîtrise pas la situation dans le Golfe. Mais il n’a pas d’atouts pour trancher dans l’immédiat.

Le président américain est d’autant plus gêné que la visite a été reportée une première fois, et que ce report ne lui a pas permis d’améliorer sa position de négociation avec la Chine.

Sa rencontre avec Xi Ping pourrait constituer un événement majeur de l’année 2026. Elle peut aussi bien avoir un contenu sérieux, consistant, de haute tenue, permettant d’envisager la fin de la guerre en Ukraine et celle dans le Golfe, comme elle peut se résumer à des fanfaronnades et des déclarations impétueuses de Donald Trump, consacrant l’impasse dans laquelle il est bloqué.

 

Une économie mondiale sous pression

Le second écueil dans le calendrier de Donald Trump est celui relatif à l’économie mondiale. Celle-ci est soumise à rude épreuve, en raison du blocus du détroit d’Hormouz, qui empêche près de quinze pour cent de la production mondiale d‘hydrocarbures de s’écouler, sans oublier toute une panoplie de produits dérivés, allant des engrais à l’acier et l’aluminium, ainsi que l’impact destructeur de la guerre sur le tourisme dans les pays du Golfe.

La guerre a poussé le baril vers des sommets, encore au-dessus de 110 dollars lundi 4 avril 2026. Pour la Chine, qui importe autour de 400 milliards de dollars de pétrole et de gaz par an, une augmentation de 50 pour cent du prix du baril signifierait une facture de 200 milliards. Même pour un pays dont l’excédent commercial dépasse 1.000 milliards de dollars, ce n’est pas un chiffre négligeable. Mais la Chine peut tenir.

En fait, les États-Unis subissent surtout la pression de leurs autres alliés, asphyxiés par la hausse du prix du baril. Cela produit une hausse du prix du carburant, de l’inflation, un risque de récession, une baisse de l’activité économique, et de l’instabilité.

Les pays du Golfe, supposés alliés des états-unis, sont aussi de la partie. Ils ne vendent plus de pétrole en quantités suffisantes, leur économie s’effrite, le tourisme s’écroule, et toute l’attraction qu’ils exerçaient est en train de fondre.

 

Le prix du galon

La hausse du prix du baril a toutefois un impact contrasté sur les États-Unis. D’un côté, elle permet à des compagnies pétrolières américaines de réaliser d’énormes profits, au détriment de l’Europe principalement, les américains étant devenus de nouveau un exportateur majeur d’hydrocarbures et de produits dérivés. Mais elle a aussi un effet néfaste sur l’électeur américain, gros consommateur d’essence, et qui voit sa facture de carburant s’envoler.

Entre les compagnies pétrolières et le consommateur moyen qui risque de changer son vote, l’arbitrage de Donald Trump devient crucial. C’est son troisième point de calendrier, qui limite sa marge de manœuvre. Même si on sait que le milliardaire Trump n’est pas particulièrement connu pour ses sympathies envers le petit peuple.

 

L’échéance des midterms

Mais si Trump pense au prix de l’essence, c’est d’abord en fonction des élections de novembre prochain, les fameuses midterms, qu’il risque de perdre. C’est la quatrième échéance de calendrier pour le chef de la Maison Blanche, contraint de garder un œil sur cette donnée apparemment importante chez les américains, quelle que soit sa décision concernant la guerre contre l’Iran. Il doit en tenir compte s’il veut terminer son second mandat dans des conditions optimales.

En outre, Trump avait fait ses campagnes sur des promesses de paix et sur la prospérité des américains. Une poursuite de la guerre contre l’Iran risque de détruire le peu de crédit qui lui reste, alors que l’engrenage hausse des prix-inflation risque de le pénaliser.

Trump doit également tenir compte des ambitions des éléments les plus importants de son équipe, ceux qui aspirent à lui succéder. Le vice-président JD Vance et le secrétaire d’état Marco Rubio, essentiellement, selon ce qu’en disent les milieux influents américains, aimeraient bien que leur mentor ne laisse pas une facture trop salée. Ils sont donc contraints de faire pression pour qu’il leur laisse un terrain favorable.

 

Le football, nouveau facteur géopolitique?

Enfin, élément qui paraît incongru dans ce tableau, la coupe du monde de football 2026 débute le 11 juin, dans un peu plus d’un mois. Trois quarts des matches de cette compétition, dont la finale, auront lieu sur le territoire des États-Unis. Difficile pour un pays, même dirigé par Donald Trump, d’aller à cette échéance en étant en guerre, d’autant plus que l’équipe nationale iranienne est qualifiée, et qu’elle constituera, pour des raisons extra-sportives, l’une des attractions de la compétition, au cas où sa participation serait maintenue.

Donald Trump utilisera à fond la coupe du monde pour soigner son image, mais l’Iran détient lui aussi un atout non négligeable. Il peut parfaitement utiliser cette échéance, comme les quatre autres citées plus haut, à son profit.

Mais l’intérêt de cette coupe du monde pourrait se situer ailleurs. Il pourrait s’agir d’un match États-Unis - Iran, qui scellerait le sort de la guerre.

En 1998, en France, les deux pays s’étaient déjà affrontés, et l’Iran avait gagné. Cette fois-ci, selon les probabilités offertes par l’Intelligence Artificielle, si l’affrontement devait avoir lieu, il se déroulerait en seizième de finale, le 3 juillet 2026, à la veille du 250ème anniversaire des États-Unis, un événement auquel Trump veut donner un faste particulier.

Tout un symbole.

اخبار اخرى