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الأربعاء، 6 ماي 2026

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Les Émirats, un pays toxique devenu dangereux

Les Émirats, un pays toxique devenu dangereux

 

Abed Charef

 

Jusqu'où ira MBZ? Entraîné dans un engrenage de soumission totale à Israël, le président des Émirats arabes unis, Mohammed Ben Zayed, vient de franchir un pas supplémentaire ce mardi 5 mai 2026: il a tout simplement tenté de relancer l’agression américano-israélienne contre l’Iran.

Alors qu’Israël n’a pas les moyens d’aller seul au combat, et que les États-Unis, face à une réalité difficile et un calendrier contraignant, semblent abandonner l’option militaire, MBZ veut créer l’incident qui obligerait les États-Unis à rompre le cessez-le-feu.

Les Émirats Arabes Unis ont annoncé, dans la nuit de lundi à mardi, de nouvelles attaques iraniennes contre leur territoire. Des attaques qui semblent fictives, inventée de toutes pièces.

L’Iran a rapidement démenti, niant toute attaque nouvelle contre les Émirats. Ce qui paraît parfaitement logique: Téhéran n’a aucun intérêt à relancer la guerre, car malgré sa résilience remarquable, c’est l’Iran qui subit les plus grandes destructions et enregistre le plus grand nombre de morts.

Pourquoi les Émirats jouent ce jeu pervers? Parce qu’ils viennent d’endosser un nouveau rôle: celui de poste avancé d’Israël, endossant totalement les positions et les objectifs de l’état sioniste. Emporté par sa démarche de collaboration - soumission à Israël, MBZ est en roue libre. Il fait preuve d’un zèle remarquable. La trahison n’a plus de limites.

 

Un sous-traitant toxique

A l’échelle internationale, Israël a perdu toute crédibilité. Plus personne ne croit le discours israélien classique sur la lutte contre le terrorisme et la défense de la démocratie. Même ses soutiens historiques commencent à lui tourner le dos, à l’exception de certains cercles de pouvoir aux États-Unis , en France et en Grande Bretagne.

Les dirigeants israéliens ont compris que Donald Trump ne voulait plus, ou ne pouvait plus poursuivre la guerre d’agression contre l’Iran. Il a d’autres contraintes, il est soumis à des impératifs politiques, économiques et diplomatiques qui ne permettent plus la poursuite de la guerre.

C’est ce que confirme le secrétaire d’état américain Marco Rubio, qui a annoncé mardi 5 mai que la «phase offensive» de la guerre contre l’Iran était terminée. «Je ne souhaite pas qu’une nouvelle escalade se produise. Nous privilégions la voie de la paix. Le président, quant à lui, privilégie un accord », a affirmé M. Rubio.

Mais Israël est dans une autre logique. Sa stratégie est toujours la même: Israël veut que tout son environnement, même lointain, soit soumis ou détruit. Ne pouvant mener seule la guerre contre l’Iran, de peur de la riposte iranienne et des retombées diplomatiques, les dirigeants israéliens ont besoin de la puissance de feu de l’armée américaine, seule susceptible de poursuivre cette guerre par procuration au profit d’Israël. Ils ont chargé les Émirats de créer l’incident qui serait susceptible de rallumer le brasier et de ramener les Américains dans la guerre.

Les Émirats ont docilement obéi. Ils ont inventé des attaques de missiles iraniens, ce qu’aucun pays occidental disposant des moyens d’observation et de surveillance n’a pu confirmer.

 

Une forte capacité de nuisance

C’est là le dernier épisode dans la carrière d’un pays devenu toxique. Intervenant un peu partout, au Soudan, au Sahel, en Libye, au Yémen, s’appuyant sur leur puissance financière acquise grâce à une gestion efficace des hydrocarbures, les Émirats sont devenus un élément de déstabilisation remarqué. Ils n’ont pas l’envergure nécessaire pour avoir une politique étrangère autonome et imposer des choix géopolitiques décisifs. Mais ils ont la capacité de nuisance requise pour provoquer, déstabiliser, empêcher des solutions, en agissant comme sous-traitants au profit d’Israël ou des États-Unis.

C’est ce qu’ils tentent par exemple de faire avec l’OPEP. Les Émirats ont annoncé, le 28 avril, qu’ils quittaient l’OPEP, dont ils sont un membre historique, ainsi que l’OPEP+, à partir du 1er mai. Une manière de briser la solidarité entre des pays qui ont toujours conservé un minimum de concertation, malgré des divergences marquées.

Ce faisant, les Émirats font le choix délibérer d’approfondir leur conflit avec l’Arabie Saoudite, les relations avec Ryadh étant au bord de la rupture.

 

MBS et MBZ, des trajectoires divergentes

Pourtant, pendant un moment, Mohamed Ben Selmane, MBS, et son voisin Mohamed Ben Zayed, MBZ, semblaient faits pour s’entendre. Autoritaires, ambitieux, hostiles à l’islam politique, ils avaient organisé ensemble le blocus du Qatar en 2017, avec l’appui de l’Égypte et de Bahreïn et déclenché une guerre contre le Yémen.

Mais avec le temps, MBS a pris du recul et de l’envergure, devenant plus mesuré, installant son pays dans un nouveau rôle régional. Il veut sortir son pays de la posture de vassal, pour en faire un acteur. Il a refusé de normaliser les relations avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham, pendant que les Émirats endossaient totalement leur nouveau rôle de sous-traitant d’Israël.

Les deux pays se sont déjà retrouvé dans des postures opposées au Yémen. Les conflits vont se multiplier. A terme, les Émirats risquent de constituer une menace pour l’Arabie Saoudite, avec un scénario du pire: provoquer une guerre contre l’Arabie Saoudite pour ouvrir la voie à une intervention israélienne.

 

Un entrisme remarquable

Depuis, les choses se sont accélérées. Faisant preuve d’un entrisme remarqué, Abu Dhabi a réussi à devenir membre des BRICS, pendant que l’Algérie était recalée. Une erreur d’appréciation étonnante de la part des pays fondateurs des BRICS, qui vont devoir subir l’activisme de la diplomatie des Émirats.

A noter que l’Algérie traîne elle aussi un contentieux avec les Émirats. Le président Abdelmadjid Tebboune a évoqué à plusieurs reprises le rôle toxique d’Abou-Dhabi, dans un réseau comprenant également Israël, la France et le Maroc. Le Haut Conseil de sécurité avait même déploré les «agissements hostiles» de ce «pays frère» envers l’Algérie.

Les Émirats ont aussi investi en Algérie. Ils sont notamment présents dans l’industrie, dans la gestion des ports et le tabac. C’était à un moment où l’Algérie cherchait à encourager l’investissement étranger, et où les Émirats tentaient de placer leurs surplus financiers.

Depuis, les choses ont évolué, et la rupture est devenue inévitable. Pour l’Algérie, il devient impossible de conserver un partenaire aussi engagé avec ce que l’Algérie considère comme les deux premières menaces, le Maroc et Israël.

Mais au-delà de tout ceci, une énigme demeure: qu’est-ce qui fait courir MBZ? Il a le pouvoir, l’argent, la notoriété. Il lui restait à accéder à la postérité, un peu à la manière de ce qu’a fait le fondateur des Émirats, Cheïkh Zayed. Pourquoi MBZ a-t-il choisi la vilenie?

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