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2026-04-29

Abed Charef
Les formules contenant le mot «guerre» sont nombreuses. De guerre-éclair à guerre civile, en passant par guerre juste, guerre d’agression ou sale guerre, les communicateurs ont fait preuve d’une imagination débordante pour rendre la guerre vendable.
Mais dans le cas de la guerre d’agression contre l’Iran, ce qui était supposé être une guerre asymétrique s’est transformée en une sorte de drôle de guerre, où on n’arrive plus à définir ni les protagonistes, ni les objectifs, ni la stratégie de ceux qui ont déclenché la guerre. Après deux mois de conflit, on ne sait même plus si la guerre est finie ou pas, si les cessez-le-feu annoncés tiennent toujours ou non.
Cette guerre est-elle un avatar de l’affaire Epstein? Un général français ayant peu de sympathie pour l’Iran affirme publiquement que cette guerre est pilotée par Israël.
Est-on plutôt dans une sorte de guerre privatisée, non institutionnelle, où un Néron sans contre-pouvoir agit seul, où le congrès n’a pas donné son accord, où les négociateurs sont le gendre et le copain du chef de guerre, où les décisions les plus erratiques se succèdent, de la part d’une sorte de Caligula qui, selon un de ses partisans, est «odieux, grossier, vulgaire, narcissique, menteur, disant des conneries»?
S’agit-il d’un énième soubresaut dans l’histoire d’un empire sur le déclin, comme le suggère Emmanuel Todd? Selon lui, la guerre contre l’Iran est une troisième défaite des Etats-Unis, après celle face à la Russie, où l’Amérique s’est révélée incapable d’assurer la production industrielle nécessaire à la guerre en Ukraine; puis celle face à la Chine, où Washington a abdiqué dans sa guerre des taxes douanières.
Ou encore, est-ce un épisode qui prépare la confrontation de demain, le grand conflit du XXIème siècle qui opposera les Etats-Unis, puissance en déclin, à la Chine, puissance montante, sous le regard d’une Europe déclinante et de nouvelles puissances émergentes, incarnées par les BRICS ?
Un système iranien performant
Pour l’heure, et de manière très concrète, la guerre dans le Golfe a confirmé une certitude: l’Iran n’est pas la caricature qu’on présente couramment, celle qui limite le pays au régime des mollahs, au voile et aux gardiens de la révolution. Bien au contraire, c’est un pays aux institutions solides, qui a appris à vivre sous sanctions, un pays de science et de scientifiques, qui a développé un système immunitaire d’une redoutable efficacité.
Certes, l’Iran subit beaucoup de pertes dans la guerre en cours, il n’est pas en mesure de battre les Etats-Unis, mais il a mis sur pied une base industrielle et technologique, un système d’éducation de formation très performant, et une architecture de défense qui lui permet de faire preuve d’une résilience rare.
Le système de défense iranien se démarque par trois éléments dominants. Il répond d’abord à une doctrine, qui a donné naissance à une stratégie de défense dont il ne se laisse jamais dévier.
Ensuite, cette stratégie l’a amené à développer les secteurs où il est performant, comme les missiles et les drones, et à mener la guerre selon ses propres règles, pour utiliser au mieux ses points forts, non selon les règles que l’ennemi veut lui imposer.
Enfin, c’est un système de défense auto-centré. Il est bâti essentiellement sur ce que l’Iran peut développer et produire comme armes, non sur un matériel importé, pouvant faire l’objet de conditionnalités, voire de sanctions.
A ce sujet, il n’est même pas nécessaire de revenir sur le sort des pays du Golfe, dont le système de sécurité offre le contre-exemple parfait à ce modèle iranien.
Décadence et vide américano-israélien
Et en face, que trouve-t-on? C’est Emmanuel Todd qui le dit le plus clairement, sans détour ni tabou. Il note d’abord une similitude entre Israël et les Etats-Unis dans leur penchant à tuer, à assassiner. «Regardez ce que font actuellement les États-Unis et Israël. N’est-ce pas là de l’ «assassinat », qui consiste à cibler des individus et à les tuer ?», dit-il.
Il souligne ensuite «la désintégration de la société américaine», qui a perdu «la discipline morale et spirituelle». A partir de là, une évolution dangereuse: «dans cette décadence et ce vide, le nihilisme se répand, où l’on semble simplement prendre plaisir à la destruction et au fait même de tuer». La menace de Donald Trump de rayer la civilisation iranienne lui a donné raison.
Enfin, ce que dit Emmanuel Todd des Etats-Unis «s’applique également à Israël». Pour lui, «c’est le résultat de la folie». Ce qui explique probablement le fait que l’opinion occidentale, particulièrement chez les nouvelle générations, a basculé au profit des Palestiniens.
L’ultime bataille
Comment, avec un tel modèle politique, de telles alliances, de telles valeurs et de tels dirigeants, les Etats-Unis envisagent-ils d’engager la grande bataille qui s’annonce, celle qui les opposera à la Chine pour la suprématie mondiale, à un moment où l’Europe semble s’effacer irrémédiablement? C’est la question que se posent les partisans de Etats-Unis, alors que tout semble se déliter autour d’eux.
Les spécialistes de la géopolitique pensaient que les Etats-Unis avaient besoin de mettre de l’ordre, de la discipline et de la cohérence, chez eux et chez leurs partenaires, pour préparer dans les meilleures conditions la rivalité avec la Chine. Ils se rendent compte que, comme tous les empires finissants, les Etats-Unis pourraient très bien organiser leur propre déclin, voire leur chute.
Le temps américain, porté par la puissance militaire, le dollar et Hollywood, aura alors duré un siècle. De la seconde guerre mondiale au milieu du siècle en cours, peut-être bien avant. La guerre en Ukraine, celle contre l’Iran, la quasi-rupture avec l’Europe, la fracture avec le reste du monde constituent autant de jalons vers la fin du siècle américain.
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