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الخميس، 23 أفريل 2026

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L’embargo, une belle opération commerciale pour les Etats-Unis

L’embargo, une belle opération commerciale pour les Etats-Unis

 

Abed Charef

 

La guerre peut se transformer en belle opération commerciale. Pas seulement pour les traditionnels fabricants d’armes et de sécurité, ainsi que les trafiquants d’armes, qui voient leurs carnets de commande exploser, mais aussi pour des segments plus inattendus.

Ainsi, pendant que les projecteurs étaient braqués sur la hausse du prix du galon d’essence, supposée embarrasser la base électorale de Donald Trump, les compagnies pétrolières américaines faisaient des affaires en or, avec des retombées très positives pour l’économie américaine.

En fait, pendant que l’Europe se demandait où trouver les centimes supplémentaires nécessaires pour payer le litre d’essence, les compagnies américaines se gavaient. Pour une raison très simple: ce sont elles qui ont la plus forte marge pour compenser la baisse de production de pétrole et de gaz provoquée par la guerre contre l’Iran, et aggravée par le double embargo, iranien et américain, imposé dans le détroit d’Hormouz.

Quitte à rappeler des évidences, entre quinze et vingt millions de barils passaient chaque jour par le détroit d’Hormouz. Avec la guerre et l’embargo, la production mondiale est amputée de près de quinze pour cent, compensée partiellement par le recours aux stocks, mis cela ne peut durer longtemps.

 

Un nouveau rôle pour le pétrole américain

Le tableau est assez simple. L’Arabie Saoudite, principal régulateur du marché du pétrole, est hors jeu du fait de la guerre et des interdits iraniens. La Russie, sous sanctions depuis la guerre d’Ukraine, ne peut compenser le manque de production, alors qu’elle est potentiellement le second exportateur de pétrole au monde. Le président Donald Trump a décidé de lever certaines sanctions contre la Russie, mais cela ne suffit pas pour lui permettre de jouer un rôle de premier plan.

Ce qui offre une aubaine pour le produit américain. Car depuis l’explosion du pétrole et du gaz de schiste, les Etats-Unis sont redevenus le premier producteur mondial de pétrole et de gaz, s’imposant aussi comme exportateur de premier plan.

En 2025, la production de pétrole américaine s’est stabilisée autour de 13,5 millions de barils par jour, dont près de quatre millions exportés. Pour le gaz, ils ont produit près de 1.100 milliards de m3, dont près de vingt pour cent dédiés à l’exportation. Le GNL y tient une part importante, remplaçant notamment les anciennes exportations de gaz russes vers l’Europe.

A titre de comparaison, les États-Unis produisent dix fois plus de gaz que l’Algérie et quatorze fois plus de pétrole.

 

Le jackpot

Un pétrole cher, cela signifie une explosion des marges et des taxes, donc un plus à la fois pour les riches compagnies pétrolières et pour l’État américain. Aux yeux d’un homme comme Donald Trump, plus porté vers les transactions et les affaires que sur la philosophie et la géopolitiue, cette opportunité ne peut être que saluée. Si on ajoute à cela le cynisme dont il fait preuve vis-à-vis du reste du monde, il ne peut qu’être satisfait d’un embargo qui enrichit les Etats-Unis au détriment des autres pays.

En fait, le virage avait déjà été pris avant le retour de M. Trump au pouvoir, lorsque l’Europe avait été littéralement coupée du gaz russe, avec les sanctions, le sabotage du gazoduc Nord Stream II et l’arrêt de Nord Stream I.

Concrètement, l’Europe avait été obligée d’abandonner le gaz russe pour se réorienter vers du GNL américain, beaucoup plus cher, ce qui a eu des répercussions sérieuses sur l’économie européenne, avec une perte de compétitivité remarquée de l’industrie allemande par exemple. Mais pour les compagnies pétrolières et gazières américaines, c’était le début du jackpot.

Cela explique-t-il le changement de cap américain? Il faut rappeler que, dans un premier temps, on en était à la fameuse expression «ouvrez ce foutu détroit», prononcée par Donald Trump. Aujourd’hui, non seulement les Américains ne travaillent plus à lever le blocus, mais ils y ont ajouté une couche. Une situation qui a l’avantage de permettre à des firmes américaines de gagner de l’argent, pendant que les grands ensembles économiques subissent de plein fouet l’impact de la crise.

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