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أخبار
2026-02-26

رأي من الحراك
2026-02-26
Abed Charef
La journaliste égrène les questions, et l’homme politique répond. De manière distraite, presque machinale. Les États-Unis vont-ils bombarder les seuls sites militaires iraniens, ou s’attaquer également aux autres installations militaires, comme le commandement de différentes forces et les sites de production de missiles? Vont-ils mener des bombardements massifs de longue durée, ou se contenter de prendre pour cibles quelques sites? Quels risque y-a-t-il d’envoyer des troupes au sol? Et l’armée israélienne va-t-elle participer à l’attaque? Dans ce cas, quels serait la riposte iranienne?
La discussion continue, sous un mode policé, sérieux, détendu. Mais personne sur le plateau ne prend la dimension de l’événement dont il s’agit: des journalistes, s’exprimant librement, débattent avec des hommes politiques d’un pays démocratique, de la possibilité qu’un pays puisse en agresser un autre, sur simple décision du chef, sans consulter les Nations-Unies, sans aucun respect pour le droit international, comme si bombarder un pays étranger est une chose naturelle, allant de soi, ne demandant aucune objection légale ou morale du moment que ce pays est musulman, arabe, africain, sud-américain, ne disposant pas des moyens de riposte adéquats. Une vision coloniale, suprémaciste, d’un racisme crasse.
Ce climat qui banalise la guerre d’agression a été d’ores et déjà installé. On ne discute pas de la légalité, de la légitimité, de la moralité d’une guerre qui risque de faire des dizaines de milliers de victimes. On en analyse juste les modalités opérationnelles, ainsi que les implications techniques et militaires, de manière froide détachée, comme on discute de la baisse des impôts. Comme si bombarder l’Iran ou le Venezuela allait de soi.
Oubliée Ghaza. Oubliée la guerre d’Irak. Les grands réseaux d’influence et d’argent, avec le concours des grands médias, ont réussi à transformer une agression contre contre une Nation entière comme une série à suspens. Va-t-il attaquer ou pas? S’il le fait, quel est le moment qu’il va choisir? On prend les paris? Et l’autre, le monstre, là, l’Iran des mollahs, a-t-il les moyens de riposter? Peut-il menacer Israël?
C’est le seul moment où on tremble un peu. Pour Israël évidemment, pas pour les enfants iraniens, pas pour les femmes iraniennes dont on déplore le sort.
Mauvais signaux
Ce cynisme absolu de la part des démocraties occidentales est de rigueur alors que les événements s’accélèrent. Il brouille la perception des choses, complique l’analyse et empêche de situer les enjeux, alors qu’il est précisément nécessaire d’avoir un regard froid pour décortiquer toutes ces questions sur une éventuelle agression, ses objectifs, son mode opérationnel et ses conséquences.
L’agression aura-t-elle lieu? A en croire ce qui se passe dans les cercles dirigeants américains, c’est le choix le plus évident, malgré les déclarations iraniennes selon lesquelles un accord avec les États-Unis est à portée de main. Le président Donald Trump a en effet tenu une réunion au sommet avec les représentants au congrès des principaux partis, en présence du secrétaire à la Défense et du secrétaire d’État. Ce type de réunion, dans la tradition américaine, précède une décision d’une gravité exceptionnelle.
Si guerre il y’a, certains scénario sont exclus. Il n’y aura pas de soldats américains au sol. C’est trop dangereux, et cela peut provoquer des pertes énormes.
Il s’agira donc essentiellement de bombardements. Sur une courte période, comme en juin 2025, pour marquer une séquence politique, ou des bombardements massifs, sur une longue période, destinés à détruire les capacités militaires iraniennes et les infrastructures stratégiques du pays, usines, unités de production, centrales électriques, etc.?
Certains partisans occidentaux de la guerre estiment que cela peut provoquer une forte détérioration de la vie en Iran, et susciter un soulèvement contre un pouvoir considéré comme responsable de cette tragédie. Quitte à provoquer le chaos, en actionnant des proxy chargés de déclencher des campagnes de violence.
Une guerre pour le compte d’Israël?
Pour quel objectif ? Il faut écarter tout ce qui est avancé par la propagande anti-iranienne. Il ne s’agit ni d’instaurer la démocratie, ni d’imposer le respect des libertés et les droits de l’homme, ni d’empêcher Téhéran de développer l’arme nucléaire. Le souci des États-Unis pour la démocratie est une vieille histoire dont le monde est guéri. Quant au programme nucléaire iranien, Téhéran a affirmé ne pas être intéressé par le volet militaire, être prêt à soumettre ses installations à un contrôle international strict, à condition de pouvoir développer un programme civil.
Reste l’hypothèse d’une guerre pour compte. Une guerre menée par l’armée américaine à la demande d’Israël. Une présidence américaine sous influence se lancerait ainsi dans un conflit dont le but n’a strictement rien à avoir avec ce qui est annoncé.
Détruire, raser, tuer
Pour situer le véritable objectif, il faudrait s’imprégner de la pensée stratégique israélienne, qui a une matrice : soumettre le premier et le second cercle de pays sensibles à la cause palestinienne, détruire ceux qui résistent. Les détruire au sens physique, politique et économique: raser leurs capacités militaires et industrielles, détruire leurs élites et leurs instituons, briser l’idée d’État national, casser la solidarité nationale, les réduire à des tribus et peuplades en guerre civile permanente.
Le travail a été fait pour la Syrie, l’Irak, la Libye, le Yémen, le Soudan, le Liban. Il reste l’Iran, la lointaine Algérie, et peut-être l’Arabie Saoudite, dont le nouveau pouvoir incarné par Mohamed Benselmane montre des velléités d’indépendance.
Le seul frein à la guerre, c’est, pour le moment, le doute sur la capacité de riposte iranienne. L’Iran a-t-il renforcé son potentiel depuis l’agression de juin 2025, où il avait déjà montré des capacités très supérieures à ce qu’on en attendait? A-t-il comblé ses vulnérabilités en matière de renseignement, a-t-il développé de nouvelles armes ou en a-t-il acquis d’autres?
De quelle riposte est capable l’Iran, avec quel impact sur les troupes et les installations américaines? Quel impact aussi sur Israël, particulièrement si ce dernier se joint à l’agression? Ce sont les questions qui ont dominé au sein de l’état-major américain, et qui ont probablement le plus pesé dans la décision, avec en toile de fond l’impact sur la vie politique interne aux États-Unis.
Ce qui confirme, encore une fois, le cynisme absolu, voire la monstruosité de la situation: une guerre risque d’être décidée ou non juste en fonction de son impact sur la vie politique aux États-Unis. Parce que M. Trump risque de perdre les élections des midterms ou, pire encore, parce qu’il est menacé par l’affaire Epstein, il lance une guerre!
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