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الاثنين، 16 فيفري 2026

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Francesca Albanese, une juste au service des plus faibles

Francesca Albanese, une juste au service des plus faibles

 

Abed Charef

 

La machine à propagande a encore déraillé en cette mi-février 2026. Sa cible: Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations-Unies sur les Territoires palestiniens.

Cette italienne à la silhouette frêle, à l’allure d’une intellectuelle de gauche, avec ses lunettes à grosse monture et ses habits négligés, a encore fait l’objet d’une attaque aussi gratuite qu’injustifiée, en raison de ses positions tranchées sur la politique d’Israël et la situation des Palestiniens.

Cette fois-ci, Mme Albanese a été accusée d’avoir tenu des propos «outranciers». Comprendre par là : des propos critiques envers Israël, sa politique, ses crimes, y compris ceux de génocide et d’apartheid, que dénonce régulièrement Mme Albanese. Accusations qu’on résume par un mot devenu une condamnation définitive et infamante: antisémite.

A partir d’un vulgaire montage des services de la propagande israélienne, la France et l’Allemagne ont mené une offensive ridicule pour demander la démission de Mme Albanese. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé que «la France condamne sans aucune réserve les propos outranciers et coupables» de Francesca Albanese, l’accusant d’être «une militante politique qui agite des discours de haine».

A se demander si ce ministre des Affaires étrangères, qui collectionne les bourdes, est assez crédule pour se faire manipuler de manière aussi grossière, ou s’il est complice, jouant le jeu d’un appareil de propagande qui le ridiculise au bout du compte. Il est en effet difficile de comprendre comment, à un poste aussi sensible, et dans un moment aussi délicat, M. Barrot peut être amené à tenir des propos aussi graves, avec autant de légèreté, alors qu’il sait qu’il a affaire à des faussaires avérés.

 

Une réplique cinglante

La réplique de Mme Albanese a été sèche, tranchée. «J’ai parlé des crimes d’Israël, de l’apartheid, du génocide, des crimes de guerre», a-t-elle répondu, précisant qu’elle a dénoncé «le système qui ne permet pas de mener en justice les auteurs de tels crimes». Pesant ses mots, maîtrisant les concepts et les idées, développant une expertise de très haut niveau des relations internationales et de la question des réfugiés, elle a développé un plaidoyer d’une rigueur inattaquable pour transformer ses accusateurs en de vulgaires propagandistes.

Elle a toutefois accordé à Jean-Noël Barrot le bénéfice du doute, lui donnant la possibilité de s’excuser pour ses propos mensongers. Car malgré sa douloureuse connaissance de drames humanitaires, cette mère de famille, qui va sur le virage de la cinquantaine, garde une classe certaine dans la manière de traiter ses adversaires et ses ennemis.

Et des ennemis, elle en a. Des ennemis prêts à tout pour la détruire.

Israël d’abord, qui lui a signifié une interdiction de séjour depuis le 12 février 2024. Cette sanction est intervenue après des rapports implacables de la responsable onusienne, qui a publié des documents accablants pour Israël, dont l’un, en 2024, sur le génocide à Ghaza. Un document dans la droite ligne de ce qu’elle disait depuis sa nomination à ce poste en 2022. Bien avant le 7 octobre, Mme Albanese disait en effet qu’il «n'y a pas d'autre façon de définir le régime qu'Israël a imposé aux Palestiniens - qui est un apartheid par défaut - qu'une prison à ciel ouvert ». C’est elle aussi qui rappelait cette atrocité: depuis l’occupation de la Cisjordanie et de Ghaza, plus de 800.000 Palestiniens, dont des enfants de douze ans, ont été arrêtés et détenus par les autorités israéliennes.

 

Cible américaine

Les États-Unis ont eux aussi imposé des sanctions contre Francesca Albanese. Leurs sanctions incluent le gel des avoirs qu’elle pourrait détenir aux États-Unis, une interdiction totale pour tout américain, personne physique ou morale, institution ou entreprise, de traiter avec elle, ainsi que des restrictions sur les voyages aux États-Unis alors qu’elle est fonctionnaire de l’ONU.

Francesca Albanese aura donc réussi un rare exploit: celui d’être sanctionnée officiellement par Israël et les États-Unis, et d’être victime d’un acharnement remarqué de la part de pays ouvertement pro-sionistes, comme la France, qui mettent en doute son indépendance, sa bonne foi, ses compétences et son engagement.

Mais elle n’en a cure. Car pour attirer autant de haine, Mme Albanese doit faire partie de ces personnalités que l’histoire a choisies pour en faire des symboles. Des icônes qui portent haut l’étendard de la justice, de la résistance, du sacrifice, du défi, et de tant d’autres valeurs que l’humanité vénère. Ce faisant, Francesca Albanese est devenue une juste, donnant encore plus de poids à la cause pour laquelle elle plaide.

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