غداً أول أيام عيد الفطر في الجزائر
أخبار
2026-03-19

رأي من الحراك
2026-03-19
Abed Charef
Comment sortir d’une guerre? Partout dans le monde, la réponse serait: en faisant la paix. En négociant. En cherchant la coopération avec les autres, en privilégiant les points de convergence.
Pour Israël, il y a une autre méthode. On sort d’une guerre en déclenchant une autre guerre, qui fera peut-être oublier la première. Des guerres évidemment illégales, illégitimes, injustes, mais toujours sanglantes, meurtrières, portées et soutenues par la même propagande et les mêmes réseaux .
La guerre contre l’Iran n’est pas encore terminée qu’Israël en a lancé une nouvelle, contre le Liban, cette fois-ci. Et déjà, des centaines de morts en quelques jours, des destructions massives, des centaines de milliers de personnes jetées sur les routes, ce qui constitue un déplacement forcé de populations, un crime de guerre au regard du droit international.
La guerre contre l’Iran elle-même avait été déclenchée pour faire oublier celle de Ghaza. De fait, on parle beaucoup moins de la Palestine depuis un mois, alors qu’Israël continue de tuer. Depuis le faux cessez-le-feu qui a été proclamé à Ghaza, il y a eu là également des centaines de morts.
Pour Israël et ses soutiens, attaquer l’Iran était considéré comme moins condamnable que les monstruosités commises contre les Palestiniens. Mais de manière générale, il suffit à Israël de brandir quelques mots, quelques formules, comme «régime des Mollahs, Hezbollah, Hamas, terrorisme», pour susciter de l’empathie, et obtenir l’adhésion puis le soutien de la seule opinion qui compte, l’opinion occidentale.
L’opinion mondiale a basculé
Mais les lignes ont bougé. Pour la première fois depuis la création de l’État d’Israël, les Américains favorables à la cause palestinienne sont plus nombreux que ceux qui soutiennent Israël.
Malgré le poids écrasant de l’establishment, malgré le matraquage incessant des médias traditionnels, malgré la pression immense des puissances financières, l’évolution a été remarquable depuis une décennie. La mutations s’est accélérée avec les crimes commis par Israël à Ghaza.
Les derniers sondages établissant ce changement de fond au sein de l’opinion américaine ont été publiés avant l’agression américano-israélienne du 28 février.
Depuis, les choses se sont probablement décantées davantage, des fissures étant apparues au sein même de l’establishment.
Des voix puissantes ont pris leurs distances ou vivement critiqué la guerre en cours, comme ce fut le cas du patron de l’antiterrorisme Joseph Kent, qui a annoncé sa démission avec fracas. Celui-ci émet un avis tranché: «nous avons commencé cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain», a-t-il écrit dans sa lettre d démission.
L’interdit européen
En Europe, l’opinion a basculé depuis plus longtemps encore, depuis un quart de siècle probablement. Un sondage réalisé en 2003 avait montré que les Européens considéraient Israël comme la première menace à la paix dans le monde.
Le résultat a choqué les centres de décision européens, qui ont discrètement interdit de réaliser des sondages similaires. C’est chose faite. La question n’a plus été évoquée publiquement, les lobbies favorables à Israël contrôlant médias et instituts de sondage.
Comme aux Etats-Unis, le clivage est tout aussi net en Europe. Les réseaux de pouvoir et d’argent restent favorables à Israël. Avec une nouveauté à signaler: l’extrême-droite, soucieuse de respectabilité, pourtant historiquement raciste, affiche elle aussi un soutien sans faille à Israël.
De l’autre côté, le «peuple», celui des milieux populaires et solidaires, mais aussi les élites intellectuelles libérales et les faiseurs d’opinion, sont résolument pro-palestiniens. Les menaces, les excommunions agitées avec l’accusation d’antisémitisme brandie à tour de bras, ne font plus d’effet. Les gens n’ont plus peur.
Deux grandes organisations, l’AIPAC aux Etats-Unis et le CRIF en Europe, travaillant en étroite collaboration avec le Mossad, ont longtemps imposé une discipline de fer pour contraindre toute personne ou institution influente à se plier aux exigences d’Israël. Aucune sortie de route n’était tolérée, sous peine d’être fiché antisémite, ce qui signifie une condamnation politique, morale, professionnelle. Jusqu’à la nausée. Même des mouvements dont l’essence même est précisément de bannir toute forme de racisme, ont été mis en accusation.
Mouvement de fond
Comment ce basculement a pu avoir lieu? D’abord par la perte de monopole de l’information, détenu par les partisans d’Israël depuis des décennies. Jusqu’à la fin du siècle passé, ceux-ci contrôlaient pratiquement tout.
Les réseaux sociaux ont offert une alternative pour mieux s’informer, et découvrir l’immense supercherie qu’on leur présentait, sous forme d’un «Israël pacifique et démocratique menacé par des hordes terroristes». La réalité est qu’Israël est dirigé par des suprémacistes affichés, et que c’est le seul pays au monde dont le premier ministre fait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour crimes de guerre.
L’opinion internationale a commencé à basculer à mesure qu’Israël multipliait les agressions. A un point tel que la communauté juive américaine elle-même a été ébranlée et que New-York, la plus grande ville juive du monde, a élu un maire ouvertement pro-palestinien.
Dans les universités comme dans les milieux des arts et des lettres, la parole a été libérée. Un mouvement Free AIPAC est né, sommant les candidats aux élections aux Etats-Unis de dire s’ils sont financés ou non par ce qui peut être considéré comme le plus puissant lobby au monde.
La caricature Epstein
L’affaire Epstein a probablement elle aussi favorisé cette mutation. Elle a révélé une monstruosité que même les complotistes les plus tordus n’osaient imaginer. Admirez le tableau, qui dépasse la caricature antisémite la plus condamnable: celle d’un financier juif new-yorkais, lié au Mossad, à la tête d’un immense réseau d’argent; il fréquentait assidûment certains des hommes les plus puissants de la planète, alors qu’il gérait prostitution, pédophilie et chantage; son officier traitant est l’ancien patron du Mossad lui-même. Parmi ses victimes, l’homme le plus puissant du monde, le président Donald Trump, et l’homme le plus riche du monde, Bill Gates, fondatreur de Microsoft.
C’est la nouvelle réalité d’Israël. Le mythe de la moralité qui a séduit les occidentaux a volé en éclats. Il ne reste plus qu’une créature s’appuyant sur un monde glauque, vivant sans boussole, un zombie faisant de la guerre une fin en soi. Ce monstre ne conçoit sa survie qu’en détruisant tout ce qui l’entoure, états, peuples, institutions, économies, sociétés. Il va d’une guerre à l’autre, dans une simple routine meurtrière.
A quand la prochaine guerre? Contre qui? Sous quel prétexte sera-t-elle déclenchée? On ne sait pas encore, mais aucun pays où le mot Palestine signifie quelque chose ne peut se sentir épargné.
أخبار
2026-03-19
أخبار
2026-03-19
أخبار
2026-03-19
أخبار
2026-03-19
أخبار
2026-03-19
أخبار
2026-03-19