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الخميس، 12 مارس 2026

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L’Europe veut participer à la curée

L’Europe veut participer à la curée


Abed Charef

 

Par petites touches, l’Europe se prépare à entrer dans la guerre, alors que le conflit né de l’agression américano-israélienne contre l’Iran entre bientôt dans sa troisième semaine. Pour le moment, on en est à des décisions officielles dites défensives, des déclarations prudentes, des interrogations sur l’évolution possible du conflit. Mais le changement de ton dans les analyses et les commentaires des faiseurs d’opinion est net, la tendance est marquée. Les européens ont oublié l’illégalité de l’agression contre l’Iran et se préparent à s’adapter à une situation de fait, pour entrer de nouveau dans les bonnes grâces du président américain Donald Trump.

Même si certains pays occidentaux, comme l’Espagne, sont résolument hostiles à l’agression contre l’Iran, les principales puissances militaires européennes, Allemagne, Grande Bretagne, France et Pologne notamment, se sentent déjà dans le camp des «alliés». Les dirigeants de ce pays tentent de s’adapter, après les premières déclarations de dépit, leur parrain américain ayant déclaré la guerre sans demander leur avis, ni même les informer.

 

Renforts militaires

Les navires de guerre européens se multiplient dans la région, en Méditerranée orientale, en Mer rouge ou dans le Golfe. Mardi 12 mars, c’était au tour de la Grande Bretagne d’envoyer le HMS Dragon, un destroyer de défense aérienne. Auparavant, Londres avait déjà dépêché dans une base militaire à Chypre des avions F35, des chasseurs Eurofighter Typhoon et des hélicoptères.

De son côté, la France a envoyé le porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée orientale. Il s’ajoute à une quinzaine de bâtiments qui patrouillent déjà dans les eaux de la région. Le président Emmanuel Macron s’était lui-même rendu à bord du Charles De Gaulle pour jouer au chef de guerre et affirmer que ce dispositif «est là pour protéger les siens, pour être aux côtés de ses alliés et de ses amis qui sont frappés, et pour pouvoir participer à des missions ô combien essentielles».

L’Allemagne et l’Italie ont elles aussi envoyé des navires de guerre dans la région.

 

Frénésie guerrière

Officiellement, toutes ces forces ont un rôle purement défensif. Il s’agit d’aider les pays avec lesquels des accords de coopération militaires ont été signés, protéger des bases militaires, voire assurer la protection de la liberté de navigation et la sécurité dans le détroit d’Ormuz et en Mer Rouge. Des prétextes répétés à satiété après les attaques contre des bases britannique à Chypre ou italienne au Kurdistan.

Mais le ton a d’ores et déjà changé, notamment dans les cercles chargés de préparer l’opinion à un engagement militaire. Des militaires haut gradés se succèdent sur les plateaux télé pour parler d’engagement, d’alliance, d’objectifs qu’il faut atteindre. Un général français, ancien ponte de l’OTAN, parle déjà de l’alliance, de ce qu’elle doit faire, s’exprimant comme s’il était en déjà partie prenante. «Nous avons la maîtrise de l’air, nous devons en tirer profit», dit-il, triomphant.

 

Provoquer l’engrenage

Le premier ministre britannique a affirmé que «les forces et les avions britanniques participaient à des efforts défensifs coordonnés» avec les Etats-Unis et Israël. Londres et Paris ont aussi indiqué que des bases militaires britanniques et françaises étaient utilisées par l’aviation américaine, mais que les appareils qui y transitaient ne participaient pas aux combats. Comme si transporter des troupes, des armes, du matériel ne faisait pas partie de la guerre. Comme si envoyer un porte-avions dans une zone de guerre devait avoir pour objectif d’en faire un hôpital de campagne.

Visiblement, les Européens veulent plaire à Donald Trump, faisant des offres de services pour regagner sa sympathie. Londres et Paris ont ainsi voté mercredi la résolution du conseil de sécurité exigeant de l’Iran de mettre fin immédiatement aux attaques contre les pays de la région.

Le président américain continue cependant à les ignorer, ne les informant même pas de ses objectifs et de ses intentions. Ce qui a poussé le président Macron à appeler publiquement les Américains à «clarifier les objectifs et le tempo qu’il veut donner aux opérations». En vain.

Les pays européens exercent aussi de fortes pressions sur les pays du Golfe pour les inciter à entrer en guerre contre l’Iran, ce qui offrirait le prétexte idéal à une intervention européenne. Pour l’heure, les pays du Golfe ont résisté, une guerre risquant de devenir destructrice pour eux. Ce qui ouvre la voie à un nouveau risque: provoquer l’incident qui permettra à l’Europe de participer à la curée.

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