عطاف ونظيره الموريتاني يبحثان آفاق الشراكة والتحديات الإقليمية الراهنة
أخبار
2026-04-06

رأي من الحراك
2026-04-06
Ahmed Abdelkrim
Le ton feutré n’est plus de mise. À Paris, une partie de la classe politique semble avoir troqué la diplomatie pour l’invective, et l’État de droit pour la posture. Dernier exemple en date : Gérald Moussa Darmanin, aujourd’hui garde des Sceaux, qui s’illustre moins par l’indépendance de sa fonction que par une fidélité revendiquée à Bruno Retailleau (Iznogoud), un choix politique qui en dit long sur l’époque.
L’ombre de Retailleau, la copie sans relief
Il y a, dans cette relation politique, quelque chose qui relève moins de l’inspiration que de l’imitation. Darmanin ne se contente pas de reprendre les thèses de Retailleau : il les applique avec un zèle qui frôle la caricature. Comme si, à défaut d’incarner une ligne propre, il fallait endosser celle d’un autre, quitte à en épouser les excès, les approximations et les obsessions.
Le paradoxe est saisissant : prendre pour boussole politique un responsable qui peine lui-même à imposer son autorité dans son propre camp relève moins de la stratégie que du symptôme. Celui d’un personnel politique en quête de repères, ou pire, en quête de légitimité.
Mais là où le bât blesse, c’est dans l’usage qui semble être fait de l’institution judiciaire. Car sous couvert de fermeté républicaine, c’est une mécanique bien plus inquiétante qui se dessine : celle d’une justice mobilisée, orientée, presque enrôlée dans une confrontation politique larvée avec Algérie.
Les dernières décisions visant des ressortissants ou des intérêts liés à l’Algérie ne sont pas perçues comme de simples actes juridiques. Elles s’inscrivent dans une séquence, une logique, un discours. Celui d’une France politique qui, à défaut de régler ses propres contradictions internes, désigne un adversaire extérieur commode.
Dans ce théâtre d’ombres, Darmanin endosse volontiers le rôle du « justicier ». Mais un justicier sans hauteur, dont l’épée semble davantage guidée par des calculs politiques que par le respect du droit.
Derrière cette posture, le calcul est transparent. En reprenant les codes d’une droite dure, en s’attaquant frontalement à l’Algérie et, par ricochet, aux Algériens, Darmanin paraît chercher à s’octroyer une crédibilité politique qu’il associe, à tort, à une supposée légitimité de « Français de souche ».
Comme si la virulence remplaçait la vision. Comme si la confrontation tenait lieu de programme. Comme si, enfin, il suffisait de « faire du Retailleau » pour espérer exister politiquement. Mais faut-il s’étonner quand on connaît l’histoire familiale de Monsieur le ministre de la Justice ?
En réalité, la trajectoire de Gérald Darmanin interroge moins sur ses convictions que sur ses ambitions. À force de courir derrière une image, il semble perdre de vue l’essentiel : la responsabilité inhérente à sa fonction.
Il peut toujours arguer de la « liberté de la justice », slogan que l’on nous a servi à chaque fois qu’une bavure judiciaire a été commise au détriment de l’Algérie et des Algériens. Mais cette liberté, telle qu’elle est invoquée, interroge.
Nous connaissons cette « liberté » de la justice française qui, dans certains cas, a su transformer cinq ans de prison ferme en un simple bracelet électronique.
Car instrumentaliser la justice, tendre les relations avec un pays comme l’Algérie et alimenter un climat de défiance n’est pas sans conséquences. Ni pour la stabilité des relations bilatérales, ni pour l’image de la France elle-même.
À vouloir incarner une fermeté de façade, Darmanin prend le risque de n’être perçu que comme une pâle copie, là où l’on attendait une vision. Une posture, là où il faudrait une politique.
Et dans ce jeu de rôles, ce n’est pas seulement la crédibilité d’un homme qui est en cause, mais celle d’un État.
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