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الأربعاء، 5 أوت 2026

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Lutte armée, cessez-le-feu: le Hamas face à la difficile gestion des négociations

Lutte armée, cessez-le-feu:  le Hamas face à la difficile gestion des négociations

 

Abed Charef

 

Pour un mouvement de résistance, comme le Hamas palestinien, le cessez-le-feu doit-il précéder les négociations, ou en constituer l’aboutissement? Est-ce un objectif à atteindre, ou une simple étape dans le processus de négociations?

La résistance palestinienne, aujourd’hui incarnée d’abord par le Hamas, est confrontée à cette situation délicate: comment s’engager dans un processus politique tout en maintenant ouverte l’option de la lutte armée?

Américains, israéliens, européens et occidentaux de manière générale agissent de concert pour obtenir le désarmement du Hamas et des autres organisations encore engagées dans la lutte armée. Ils veulent que les Palestiniens cessent de résister militairement, sans pour autant leur offrir la moindre garantie. Quelle attitude alors pour les dirigeants des organisations de la résistance, lesquels sont, en plus, directement menacés d’assassinat par l’appareil militaire et le renseignement israéliens?

Certes, les situations historiques ne se répètent jamais. Certes, les Palestiniens en armes sont dans une situation critique. Mais les dirigeants palestiniens peuvent se référer à des expériences antérieures, et en premier lieu à leur propre expérience.

Pendant des décennies, l’OLP, alors dirigée par Yasser Arafat, avait été confrontée à un préalable fixé par les occidentaux : abandonner le «terrorisme», formule utilisée par l’occupant pour discréditer la résistance du colonisé, avant d’espérer être reconnue et acceptée dans des négociations de paix. On exigeait de l’OLP qu’elle déclare un cessez-le-feu avant d’être reconnue. Flairant le piège, mais soumis à de fortes pressions, le leader palestinien avait coupé la poire en deux: il a mis fin à certains types d’opérations militaires, mais sans renoncer solennellement à la lutte armée. Cela a ouvert à l’OLP la porte de négociations qui ont mené aux accords d’Oslo.

 

Le précédent d’Oslo

Dans l’euphorie des accords d’Oslo, tout le monde a applaudi sur le moment. Le résultat obtenu semblait devoir mener, à terme, à la naissance d’un État palestinien dans les frontières de 1967, ce qui aurait pu satisfaire tout le monde et clore une crise qui a déjà donné lieu à de multiples guerres.

Mais ce qui paraissait évident ne l’était pas pour les Israéliens. Il n’est pas nécessaire de s’attarder sur les raisons, les motivations et les méthodes utilisées, le résultat est là: trente trois ans après Oslo, il n’y a toujours pas d’État palestinien, des dizaines de milliers de Palestiniens ont été tués, la colonisation n’a jamais cessé et Israël, adossé à la puissance américaine, nargue le monde entier.

Qu’est-ce qui n’a pas marché après Oslo? Les appréciations divergent, mais trois éléments retiennent l’attention: les Palestiniens ont cru que le processus engagé était irréversible, alors qu’il ne l’était pas; ils ont fait confiance au partenaire américain, supposé garant de l’application des accords d’Oslo, alors que Washington n’avait que temporairement porté les habits de la neutralité, avant de reprendre son rôle de parrain du jusqu’au-boutisme israélien; enfin, les Palestiniens n’ont pas verrouillé le processus, laissant à d’autres acteurs externes la possibilité d’y interférer et d’y mettre fin.

Les Palestiniens avaient-ils de la marge pour obtenir mieux? Difficile à dire. Abdelhamid Mehri m’avait confié que Yasser Arafat avait commis une erreur importante en abandonnant la lutte armée avant d’avoir atteint un objectif comme la reconnaissance de l’État palestinien. Tout en tenant compte de la position difficile de Yasser Arafat et d’une situation qui pouvait basculer à tout moment, Mehri notait aussi que l’OLP n’avait pas une maîtrise totale de la situation.

 

Volte-face au Sahara Occidental et au Mali

Ce ratage rappelle deux autres processus engagés et non aboutis, entre des mouvements de résistance et un pouvoir en difficulté: au Sahara Occidental et au Mali.

Au Sahara Occidental, un cessez-le-feu a été conclu en 1989 et des négociations directes engagées entre le Polisario et le Maroc. Les dirigeants sahraouis s’étaient même rendus chez Hassan II pour des pourparlers directs, ce qui semblait alors représenter une avancée significative pour eux, d’autant plus qu’un représentant de l’ONU était désigné pour diriger le processus de négociations.

Mais les Marocains ont trouvé la parade. Après avoir fait traîner les choses, ils ont eu recours à une solution que les Sahraouis ne pouvaient imaginer: se mettre sous la protection d’Israël, trahir une nouvelle fois les Palestiniens, et troquer le Sahara Occidental contre une normalisation avec Israël. En emboîtant le pas à Donald Trump qui voulait que le sort du Sahara Occidental se déciderait dans un cadre marocain, les autres pays occidentaux, comme la France, confirmaient que la légalité internationale et la parole occidentale n’avaient plus de valeur.

Au Mali, c’est le même processus qui a prévalu: un pouvoir en difficulté fait semblant de faire des concessions à des groupes armés, jusqu’au moment où il estime qu’il peut passer outre les accords signés. Les mouvements Azawed ont vécu ce scénario à plusieurs reprises, le dernier épisode étant la dénonciation de l’accord d’Alger de 2015 par le pouvoir malien en janvier 2025.

Quelle alternative pour les groupes Azawed, et surtout, comment faire en sorte de verrouiller le prochain processus pour qu’il ne puisse déraper? L’idéal serait que les deux partenaires se mettent dans le sens de l’histoire. C’est ce qui s’est passé en Afrique du Sud où l’ANC de Nelson Mandela et le pouvoir de Frederick De Klerk ont mené de front une transition voulue et réussie.

C’est ce qui semblait se passer au Mali lorsque les groupes Azawed et le pouvoir de Ibrahima Konaté ont signé un accord très élaboré, celui de 2015, en vue de transformer en profondeur le pays. Mais le revirement de Assimi Goïta a prouvé, encore une fois, que rien n’est jamais définitivement acquis.

 

Maîtrise du processus

C’est ce qui semblait avoir guidé la démarche du FLN-ALN pour aboutir aux accords d’Évian en 1962: fixer un objectif clair, le traduire en quelques points essentiels, et laisser à la négociation le soin de régler les détails. Pendant ce temps, poursuivre une lutte implacable, afficher une solidité sans faille, et garder une maîtrise totale de la décision et du processus.

Quant au cessez-le-feu lui-même, refuser d’en discuter tant que l’objectif politique n’est pas atteint.

Pendant des années, à chaque étape des négociations, le gouvernement français demandait un cessez-le-feu, même temporaire, avant d’engager des discussions. Le FLN a toujours refusé, mais il avait un avantage décisif: il fonctionnait de manière collective et il avait un contrôle total de la situation. Une situation non transposable ailleurs, à part de rares exceptions, comme celle qui a mené les Vietnamiens aux accords de Paris en 1973, après cinq années de négociations et deux décennies de guerre.

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