تيزي وزو.. توقيف 4 أشخاص وحجز أكثر من ألف كبسولة من المؤثرات العقلية
أخبار
2026-09-06

Abed Charef
Des ministres arrivent, d’autres s’en vont. Six cette semaine ont fait leur entrée ou leur retour au gouvernement. Pour mener quelle politique? Et ceux qui sont partis, ils ont laissé quel bilan?
Le poste le plus instable durant l’ère Tebboune est probablement celui de ministre des finances. Il a subi huit changements depuis 2020, pour sept occupants différents, dont trois avaient été à un autre moment gouverneur de la Banque d’Algérie. La durée de vie d’un ministre des finances sous Abdelmadjid Tebboune est donc de moins d’une année. Le nouveau titulaire du poste depuis le 1er septembre, Mohamed Lamine Lebbou, sait donc à quoi s’en tenir.
Aura-t-il la prétention d’afficher un programme, d’élaborer des projets, et espérer les mener à terme? Ou bien fera-t-il comme ses prédécesseurs, pour se contenter d’un petit tour avant d’aspirer à une belle retraite?
Le cheminement de deux ministres sortants permet d’avoir une idée de ce qu’est devenue la fonction de ministre en Algérie. Yacine Mahdi Oualid a été ministre de l’agriculture pendant seize mois, d’avril 2025 à août 2026. Il a effectué des visites, tenu des réunions, fait des discours. La production agricole, notamment celle des céréales, a augmenté pendant son ministère, mais il n’y est pour rien. C’était un effet de la météo. L’Algérie a connu l’année la plus pluvieuse depuis plus d’une décennie.
Quand M. Yacine Mahdi Oualid a été nommé ministre, en avril 2025, les fellahs de différentes régions du pays avaient entamé la plantation des tomates qui devaient être récoltées durant l’été 2025. L’État fournit officiellement une aide financière de quatre dinars par kilogramme récolté aux fellahs pour encourager la production de la tomate industrielle. M. Oualid a quitté le gouvernement le 1er septembre alors que l’aide prévue au titre de l’année 2025 n’a toujours pas été versée à de nombreux fellahs! Celle de 2026, on n’en parle même pas.
Les réseaux prospèrent
Les conditions de collecte et de vente de la tomate se sont fortement dégradées en 2026. Il est fréquent que les camions transportant le produit vers les unités de transformation passent trois ou quatre jours à attendre devant les portes de l’usine, ce qui augmente les frais et altère le produit.
Il s’agit là, évidemment, des fellahs qui vivent de leur production, pas ceux qui ont fait de l’agriculture un terrain financier pour gagner de l’argent. Ceux-là, introduits dans les réseaux bureaucratiques et financiers, s’en tirent très bien. Ils l’ont encore prouvé lors de la récolte de la pomme de terre en mai-juin.
Leur atout est simple: le Cyrpalac, système mis en place pour encourager la production de la pomme de terre en garantissant un revenu minimum aux producteurs. Dans ce système, la pomme de terre est achetée auprès du fellah à 60 dinars le kilo, pour être stockée et revendue en période de tension. Mais seuls les initiés ont le droit d’accès au Cyrpalac. Les autres sont contraints de vendre à des prix beaucoup plus bas. Entre 20 et 25 dinars cette année, en mai-juin. Ce qui donne ce résultat absurde: deux fellahs voisins vendent leur production, l’un à 60 dinars, l’autre à 25 dinars.
Mieux: selon des informations impossibles à vérifier, certains initiés achètent la production de leur voisins et la revendent comme étant la leur à deux fois le prix d’achat. Cela a aussi donné naissance à tout une faune de d’intermédiaires qui se présentent chez les fellahs en leur promettant de faire acheter leur production par le biais du système Cyrpalac contre une commission.
Pas d’impact sur l’économie
Comme on le voit, beaucoup d’argent circule dans des circuits improbables, au sein de réseaux occultes, autour de l’agriculture. Mais là où l’argent est supposé être géré, c’est au ministère des finances, celui que vient de quitter M. Abdelkrim Bouzred, après dix-huit mois d’exercice.
Que retenir de son bilan?
Qu’il a trouvé un déficit budgétaire de 8.271 milliards de dinars, représentant 21,8% du PIB, et qu’il laisse à son successeur un déficit prévu de 9.627 milliards, en augmentation, représentant 23% du PIB. M. Bouzerd n’a donc pas réussi à réduire le déficit budgétaire.
Quand il est arrivé au ministère des finances, l’euro valait autour de 270 dinars au marché parallèle. Il n’y a pas eu de changement significatif depuis, ce qui signifie que l’action de M. Bouzerd n’a pas eu d’impact sur le marché noir des devises.
Mais pouvait-il en être autrement? Les différents ministres des finances qui se sont succédé sont tous issus de la bureaucratie financière, celle qui gère les problèmes mais ne les résout pas. M. Bouzerd lui-même a été nommé suite à la fameuse crise de l’allocation touristique, une mesure annoncée par le président Tebboune en novembre 2024 et appliquée à partir de l’été 2025, après neuf mois de tâtonnements. Une formule absurde avait été mise en place, avec le paiement de l’allocation touristique au voyageur (750 euros pour les adultes, 300 pour les mineurs) au moment où il quitte le territoire national, ce qui avait exigé de mettre en place une importante logistique.
Improvisation
Un an plus tard, la formule est abandonnée, et une nouvelle est lancée. Elle contraint les voyageurs à posséder une carte de paiement internationale pour avoir droit à l’allocation touristique. Logiquement, le changement de formule signifie le limogeage du ministre, ce qui a été fait.
Mais aujourd'hui, près de trois millions d'Algériens qui se rendent à l’étranger sont obligés d'avoir une carte de paiement internationale utilisable presque uniquement pour l'allocation voyages. Sur les 750 euros d’allocations, les banques vont prélever l’équivalent d’une vingtaine d’euros à titre de frais, à quoi s’ajoutent éventuellement des commissions sur les transactions allant jusqu’à trois pour cent. C’est dire si le nouveau ministre s’avance sur un terrain délicat.
Mais peu importe. Il a lui-même été gouverneur de la Banque d’Algérie pendant six mois, après une longue carrière dans la bureaucratie financière. Il fait partie des gens qui, à l’université, ont étudié les dangers du déficit budgétaire et du marché noir des devises, ils en parlent même probablement dans les séminaires internationaux, mais une fois aux commandes, ils oublient les concepts et la bonne pratique, pour entrer dans le moule.
Dans la recherche de fausses solutions à de vraies problèmes, ils en oublient l’essentiel: supprimer le marché noir des devises. Plus personne n'agit pour atteindre cette objectif. Tout le monde se comporte comme si le marché parallèle était une donnée définitive, éternelle, une fatalité qu'il s'agit de gérer, non d'éliminer
Ce qui, au final, pose la question: c’est quoi un ministre, au fait? Où se situe sa responsabilité ? Le ministre est-il un responsable chargé d’élaborer et d’exécuter une politique financière et budgétaire, conforme à un projet politique gouvernemental, ou est-ce un fonctionnaire qui se soucie juste d’entrer dans un moule et de ne pas faire de vagues, en attendant d’être promu, ou remercié?
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