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الثلاثاء، 4 أوت 2026

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L’impossible désarmement du Hamas

L’impossible désarmement du Hamas

 

Abed Charef

 

Le président américain Donald Trump a réanimé, cette semaine, un point de fixation de la diplomatie israélienne, le désarmement du mouvement palestinien Hamas. Selon le chef de la Maison Blanche, les négociations en cours ont permis d’aboutir à un accord pour « le désarmement complet du Hamas ». Dans quelles conditions, en contrepartie de quoi, avec quelles garanties?

Rien de concret n’a été annoncé. Tout reste à faire. Pour l’heure, il s’agit d’un processus à lancer, une de ces multiples feuilles de routes qui finissent abandonnées en chemin, dès que les Israéliens estiment qu’ils peuvent s’en passer sans risque. Ce qui signifie que l’annonce de M. Trump fait partie des multiples succès éphémères dont se prévaut celui qui se présente comme candidat au prix Nobel de la Paix.

En fait, le désarmement du Hamas et des autres mouvements qui sont encore dans la lutte armée, est un objectif dont la signification est totalement différente pour les Palestiniens, les Israéliens et les Américains.

Passer en revue les motivations et les objectifs des uns et des autres montre qu’il s’agit d’une équation impossible à résoudre dans les conditions actuelles.

 

Une attitude américaine rudimentaire

Pour l’Amérique trumpienne, désarmer le Hamas est un obstacle à surmonter pour permettre à Donald Trump de clamer sa capacité de conclure des deals, à faire la paix et espérer obtenir un prix Nobel. Il s’agirait d’une question technique, une opération politico-financière.

L’attitude américaine est à l’image de Donald Trump: d’une indigence intellectuelle et morale rares. Le président américain avait même proposé de faire de Ghaza une sorte de Riviera, transformant un des berceaux de l’histoire de l’humanité en projet immobilier de luxe.

Il n’y a pas de justice, pas d’aspiration à une paix définitive, pas de profondeur historique dans le projet Trump. Il y a juste une volonté d’amener les Palestiniens à accepter un sort impossible, en usant de menaces et de promesses, tout en garantissant à Israël un droit suprématiste sur la région.

Pour une frange d’Américains, notamment les évangélistes, il s’agit aussi de provoquer une accélération de l’histoire pour provoquer l’apocalypse, dans une vision eschatologique du monde, même si on peut se demander s’ils y croient réellement ou s’il s’agit d’une simple parade pour soutenir Israël.

 

Israël veut le néant palestinien

Pour les Israéliens, désarmer le Hamas, c’est obtenir la fin de la résistance, la fin de la lutte armée, la diparition du mot Palestine. Cela signifie soumettre totalement les Palestiniens, les pousser à la résignation, tuer chez eux toute idée de se rebeller et de prendre les armes, mettre fin définitivement à la question palestinienne aux conditions israéliennes. Israël demande une pacification totale de la Palestine, avec une reddition complète des mouvements de la résistance et l’abandon de tout projet national palestinien.

Pour Israël, tout le dispositif de résistance palestinien doit être abandonné, démantelé, détruit: armes, tunnels, structures politiques et organisations militaires, réseaux, livres d’histoire, poésie glorifiant la résistance, tout.

Un des ministres israéliens les plus médiatisés, Itamar Ben Gvir, a d’ailleurs rejeté le plan Trump, le qualifiant d’inacceptable. Pour lui, il faut poursuivre la guerre, les destructions, jusqu’à éliminer toute velléité de résistance.

 

Pour le Hamas, désarmement = suicide

Pour les Palestiniens, le désarmement du Hamas ne peut se faire que dans un cadre politique et sécuritaire précis. Désarmer une organisation de la résistance ne peut se faire qu’au profit d’une structure nationale palestinienne crédible, en mesure de protéger les Palestiniens. Autrement, cela n’aurait pas de sens.

Renoncer aux armes doit aussi se faire en contrepartie d’objectifs politiques précis. Que peuvent offrir les Américains et les Israéliens aujourd’hui? Pas grand-chose. D’autant plus que les Palestiniens ont été suffisamment échaudés pour ne plus croire à la parole américaine et israélienne, ni à celle de la «communauté internationale». Ils ont signé Oslo, ils ont négocié, obtenu de multiples promesses, mais pendant tout ce temps, Israël continuait à tuer, à détruire, à semer le deuil, à coloniser les terres palestiniennes, et à commettre génocide et crimes de guerre, selon les définitions que les occidentaux eux-mêmes donnent à ces concepts.

Concrètement, les Palestiniens ne peuvent plus faire confiance qu’à leurs propres armes. Ils n’ont aucune autre alternative. D’autant plus que Ben Gvir a annoncé la couleur: il va continuer à assassiner les dirigeants du Hamas. Ce qui place les Palestiniens dans cette position cruelle: tant qu’une solution politique acceptable n’est pas mise en œuvre, seules leurs armes, aussi précaires soit-elles, constituent une garantie de survie pour eux et pour leur cause. Ils ne peuvent pas s’en séparer.

En un mot comme en cent, pour le Hamas, accepter d’être désarmé dans les conditions d’aujourd’hui relève du suicide. Ce qui pose cette question cruciale, pour les Palestiniens comme pour tous les mouvements de résistance armée: comment organiser les séquences négociations - cessez-le-feu? Comment passer de l’une à l’autre sans risque? A quel moment peut-on considérer que les conditions sont réunies pour passer à une autre forme de lutte que celles des armes ?

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