تعيين لوناس بوزقزة وزيرًا للري
أخبار
2026-04-16

Redha Benyamina
Ingénieur
Selon le dernier rapport hebdomadaire de Kaspersky, l'Algérie se classe 6ᵉ au monde et 2ᵉ en Afrique parmi les pays les plus ciblés par des cyberattaques. Près de 35 % de ces assauts proviennent d'un même cheval de Troie, le « Trojan.Win32.Agentb.bqyr ». Derrière ces chiffres, une réalité brute : notre indépendance numérique est un champ de bataille oublié. Et si la prochaine guerre ne se gagnait plus à la frontière, mais dans nos processeurs ?
Ils ne portent pas d'uniforme. Ils ne franchissent aucun poste-frontière. Pourtant, ils sont déjà là, tapis dans des milliers d'ordinateurs algériens, silencieux comme des termites. Le « Trojan.Win32.Agentb.bqyr » nom barbare d'une bête bien réelle représente à lui seul plus d'un tiers des cyberattaques qui frappent notre pays chaque semaine. Et l'Algérie, fière de sa révolution numérique, encaisse sans toujours riposter. Selon les dernières données de Kaspersky, nous sommes la 6ᵉ nation la plus attaquée au monde. La 2ᵉ en Afrique. Derrière le Nigeria, devant l'Afrique du Sud. Ce n'est pas un exploit. C'est un signal d'alarme.
Ce cheval de Troie, comme ses semblables, ne fait pas de bruit. Il s'infiltre via un faux document PDF, une pièce jointe anodine ou un lien reçu par SMS. Une fois installé, il peut voler vos identifiants bancaires, verrouiller vos fichiers contre rançon, ou transformer votre machine en zombie au service d'un cybercriminel à l'autre bout du monde. Et lorsque c'est un serveur d'une mairie, d'une direction d'impôts ou d'un hôpital qui tombe, ce sont des services publics entiers qui s'arrêtent. Des vies, parfois.
Pourquoi l'Algérie est-elle si ciblée ? La réponse est aussi simple qu'inconfortable : nous utilisons massivement des technologies importées dont nous ne maîtrisons rien. Systèmes d'exploitation, bureautique, antivirus, pare-feu, serveurs tout ou presque vient de l'étranger. Et ces technologies sont ce que les experts appellent des « boîtes noires » : nous en voyons l'écran et les fonctionnalités, mais nous n'avons aucun accès à leur cœur. Nous ne savons pas ce qui se cache dans leurs lignes de code. Nous ne savons pas quelles portes dérobées elles contiennent. Nous ne savons pas si, un jour, un interrupteur distant ne les éteindra pas toutes d'un seul geste. Pire encore, nous n'avons pas développé de réflexe de recours vers la technologie locale. Combien d'administrations, d'entreprises, de banques utilisent des logiciels algériens ? Combien font confiance à des solutions numériques conçues ici, par nos ingénieurs, adaptées à notre culture et à nos besoins ? La réponse, cruellement, se compte sur les doigts d'une main. Nous préférons la facilité de l'importation à la souveraineté de la création locale. Résultat : nous numérisons nos vies sur des terres numériques qui ne nous appartiennent pas, avec des outils dont nous ne détenons pas les clés. Et chaque dépendance est une faille. Chaque boîte noire est une porte entrouverte pour l'ennemi.
La solution ne viendra pas d'un antivirus miracle. Elle viendra d'un choix politique et industriel : la souveraineté technologique. D'abord, l'Algérie doit accélérer la création d'un cloud national souverain et de solutions logicielles « made in Algérie » : messagerie, bureautique, systèmes d'exploitation. Ensuite, investir massivement dans des data centers locaux sécurisés. Enfin, former massivement : un million de citoyens et 100 000 agents publics aux gestes simples qui arrêtent 80 % des attaques (ne pas cliquer n'importe où, mettre à jour ses logiciels, activer la double authentification). Mais avant tout, il faut oser faire confiance à nos propres ingénieurs et acheter algérien en matière de numérique.
Car il y a une vérité philosophique que les chiffres nous hurlent : un peuple qui ne maîtrise pas ses outils numériques n'est pas un peuple libre. L'Algérie a conquis son indépendance politique par le sang et la diplomatie. Elle doit aujourd'hui conquérir son indépendance numérique par la conscience et l'investissement. Le « Trojan.Win32.Agentb.bqyr » n'a pas de drapeau. Mais nos failles, si. Elles portent le nom de nos négligences, de nos retards, de nos dépendances à des boîtes noires que nous n'ouvrons jamais.
L'heure n'est plus à la peur, mais à l'action. Chaque citoyen peut commencer par une mise à jour, par un mot de passe robuste, par un regard méfiant sur un lien suspect. Mais c'est au sommet de l'État que se joue la vraie bataille : faire de la cybersécurité une priorité nationale, investir dans le logiciel local, et sortir de l'ère de la boîte noire. Car demain, un pays qui ne protège pas son espace numérique est un pays qui s'expose à perdre bien plus que des données. Il risque de perdre sa souveraineté, bit par bit.
Et vous, êtes-vous vraiment sûr que votre ordinateur ne travaille pas déjà pour l'ennemi ?
أخبار
2026-04-16
أخبار
2026-04-16
رياضة
2026-04-16
أخبار
2026-04-16
أخبار
2026-04-16
أخبار
2026-04-16