anep-logo-new

الخميس، 19 فيفري 2026

  • Logo of instagram
  • Logo of facebook
  • Logo of youtube
  • Logo of tiktok

La visite de Laurent Nunez à Alger : retour aux chose sérieuses

La visite de Laurent Nunez à Alger : retour aux chose sérieuses

أخبار

2026-02-18

 

Abed Charef

 

Au moment de quitter Alger, mardi 17 février en milieu d’après-midi, le ministre français de l’intérieur Laurent Nunez pouvait se dire satisfait des résultats de sa visite en Algérie. Une visite nécessaire, et utile. Une visite axée sur des objectifs précis, concrets, mais limités, et très encadrés.

Intervenue dans une période de forte crispation, la visite de M. Nunez, très scrutée, était en fait devenue pressante. Il était difficile à deux pays ayant des relations aussi denses de ne pas avoir un minimum d’échanges pour gérer les dossiers les plus brûlants, dont certains sont en souffrance depuis de longs mois.

Pas ceux relatifs à l’économie ou à la diplomatie qui, visiblement, sont condamnés à attendre des jours meilleurs. Ni même le dossier du journaliste Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison en Algérie, ou celui des OQTF. Mais c’est des dossiers sécuritaires qu’il s’agit.

Premier signe de cette préoccupation, M. Nunez lui-même a un profil plutôt sécuritaire. Durant sa visite, il était accompagné du chef du renseignement intérieur, Céline Berthon, du directeur de la gendarmerie, le général Hubert Bonneau, et de la numéro deux de la police française Virginie Brunner.

Face à ce parterre, la partie algérienne a montré la même préoccupation. Il y’avait, dans la délégation algérienne qui accompagnait le ministre de intérieur Saïd Sayoud, le général algérien Abdelkader Aït Ouarabi (le Général Hassan), patron de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure). Avec de tels profils, il était évident que les entretiens auraient une dominante sécuritaire, ce qu’a confirmé M. Nunez en déclarant que sa visite a permis de « travailler au rétablissement d'une coopération sécuritaire de très haut niveau ».

 

Sur une pente ascendante

La rencontre de M. Nuñez avec le président Tebboune, dans un climat apparemment détendu, a donné un peu de relief à cette visite, sans plus. Elle a montré que la coopération était nécessaire, voire vitale, mais qu’en l’absence de relations politiques fortes, elle devait être recentrée sur des secteurs essentiels.

Pour l’heure, les relations paraissent donc sur une pente ascendante, mais elles sont loin d’avoir retrouvé un niveau proche de la normale. Le principal indicateur en est l’absence d’ambassadeurs dans les deux pays: celui d’Algérie a été rappelé en juillet 2024 lorsque le président Macron avait décidé de rejoindre la position marocaine sur le Sahara Occidental, celui de France en avril 2025 après des expulsions réciproques de diplomates.

Mais ce niveau de relation a le mérite d’avoir renoué la coopération entre des administrations pérennes, sans intervention d’hommes politiques obéissant à des agendas personnels ou partisans. On est loin de l’ère Retailleau, où l’ancien ministre de l’intérieur avait utilisé son poste pour prendre la direction du parti Les Républicains et se présenter comme un candidat potentiel à la présidentielle de 2027, au risque de mener la relation bilatérale à l’impasse.

 

Éviter une nouvelle rechute

La presse française s’interroge si cette décrispation de la mi-février 2026 ne sera pas suivie d’une nouvelle désillusion, comme ce fut le cas au printemps 2025. M. Jean-Noël Barrot, ministre des affaires étrangères, avait alors effectué une visite encourageante à Alger, mais les relations s’étaient dégradées rapidement après l’arrestation d’un agent consulaire algérien en France.

D’où viendra le prochain coup? Pour une fois, il est permis de dire que la ligne de conduite de la partie algérienne est plutôt lisible. Sur les OQTF, le ministère des affaires étrangères a adopté une ligne tranchée: les droits des algériens à expulser seront défendus crânement, mais des efforts seront faits, notamment pour rapatrier ceux qui le souhaitent. Cela ne pourra cependant se faire que lorsque la partie française respectera certaines règles, comme l’inviolabilité de la valise diplomatique et des voies consulaires.

Le profil des négociateurs qui ont travaillé le 16 et 17 février laisse supposer qu’un nouveau climat a été créé. Pas celui de l’euphorie qui suit traditionnellement les rendez-vous médiatiques, mais un climat studieux, rigoureux, entre partenaires soucieux d’avancer de manière pragmatique sur certains dossiers, en contournant ceux qui ne peuvent visiblement être traités dans l’immédiat.

Cela élimine, en tous les cas, une tendance supposée radicale des deux côtés: celle qui, en France, prône une fermeté menant à l’impasse, type riposte graduelle ou rupture totale des relations; et celle, tout aussi absurde, qui appelle à une rupture totale côté algérien, comme si l’Algérie pouvait se permettre de couper les relations avec un pays où vit sa communauté la plus nombreuse à l’étranger.

اخبار اخرى