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أخبار
2026-03-22

رأي من الحراك
2026-03-22
Ahmed Abdelkrim
La confrontation entre l’Iran, Israël et les États-Unis n’est plus une abstraction. Elle se manifeste aujourd’hui dans des micro-frappes, des tensions permanentes sur le détroit d’Hormuz et un choc économique mondial déjà tangible. Au cœur de cette dynamique se trouve la doctrine militaire iranienne dite « mosaïque », complétée par une guerre asymétrique calculée pour exploiter les faiblesses de ses adversaires et maximiser l’usure.
La doctrine mosaïque : résister par la fragmentation
La doctrine mosaïque est née dans le feu de la guerre Iran-Irak (1980–1988). Confronté à une armée irakienne technologiquement supérieure, l’Iran avait compris que la centralisation des forces et des infrastructures rendait toute armée vulnérable. Quelques frappes précises suffisaient à paralyser des pans entiers du commandement. La leçon stratégique fut radicale : survivre exigeait de fragmenter, décentraliser et territorialiser la guerre.
Chaque cellule opérationnelle fonctionne de manière autonome, avec ses propres moyens, ses lignes de communication indépendantes et une capacité décisionnelle locale. Cette architecture rend le système résilient à toute tentative de décapitation : même si un dirigeant ou une base est éliminé, le reste du réseau continue d’opérer. La structure est conçue pour se renouveler de manière quasi indéfinie : derrière chaque chef, trois autres commandants sont prêts à prendre le relais. Cette organisation explique pourquoi les tentatives américaines d’éliminer Ali Khamenei n’ont jamais eu pour effet de détruire le système iranien. La mosaïque n’est pas seulement un concept tactique ; c’est un instrument stratégique de survie et de dissuasion.
Guerre asymétrique : frapper là où l’adversaire est vulnérable
Si la mosaïque structure la défense, la guerre asymétrique définit l’offensive. L’Iran n’affronte pas directement l’armée américaine, supérieure en technologie et en puissance de feu. Il choisit plutôt des actions ciblées, dispersées et à faible coût, mais capables de saturer et d’épuiser l’adversaire.
Un drone iranien, coûtant a peine 20 000 dollars, impose aux États-Unis une réaction disproportionnée. La détection et le suivi nécessitent des radars sophistiqués, des opérateurs hautement qualifiés et des missiles intercepteurs coûtant plus de 2 millions de dollars l’unité. Chaque micro-frappe transforme la supériorité technologique en un investissement massif, et chaque défense devient un cycle permanent d’usure. Cette asymétrie n’est pas seulement militaire : elle est économique et psychologique. L’ennemi dépense des ressources infiniment supérieures à celles de l’attaquant pour neutraliser un risque limité.
Le piège du « boots on the ground » et le risque humain
Cette stratégie explique également pourquoi une intervention terrestre américaine, visant à sécuriser le détroit d’Hormuz en occupant les îles stratégiques d’Abu Musa, de la Grande Tunb et de la Petite Tunb, serait un piège. Ces îles sont petites, exposées et faciles à harceler par drones, missiles côtiers et vedettes rapides. Chaque ravitaillement devient une opération à haut risque, et chaque jour de présence transforme la supériorité américaine en un engagement prolongé et coûteux, sans jamais neutraliser la capacité iranienne globale.
Au-delà des considérations matérielles, une confrontation directe entre soldats américains et forces iraniennes représente un risque humain majeur. Les pertes potentielles d’un engagement terrestre sont telles que les États-Unis ne sont certainement pas prêts à les assumer. Cette dimension humaine renforce l’effet dissuasif de la stratégie iranienne : non seulement le coût économique est écrasant, mais le risque en vies humaines rend l’option d’une intervention directe pratiquement inenvisageable.
Diplomatie contrecarrée : la perte stratégique d’Ali Larijani
Au-delà de la tactique militaire, la diplomatie iranienne révèle la profondeur et la résilience du système mosaïque. Ali Larijani, ancien négociateur en chef et stratège politique, représentait un atout majeur pour toute tentative de désescalade régionale. Fin connaisseur des dossiers de sécurité les plus sensibles et acteur clé des négociations sur le programme nucléaire, Larijani aurait pu servir de canal pour éviter l’escalade et trouver des compromis avec les puissances occidentales.
Son assassinat par Israël constitue une perte stratégique pour la paix, Larijani était un fin tacticien capable de traduire les calculs militaires en solutions diplomatiques crédibles, tout en protégeant la continuité décisionnelle iranienne. Sa disparition prive le monde d’un interlocuteur capable de négocier, compliquant toute perspective de paix et renforçant la posture de défi de l’Iran. Depuis des années, Israël a ciblé Larijani, conscient de son influence sur les dossiers stratégiques et de son rôle central dans la politique iranienne. Sa disparition illustre à la fois la vulnérabilité des négociateurs de haut niveau et l’efficacité du système mosaïque à protéger la résilience globale du pays.
Le détroit d’Hormuz : levier géoéconomique
Le détroit d’Hormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, illustre l’interconnexion entre stratégie militaire et pression économique. Son blocage, effectif depuis plusieurs semaines, a déjà provoqué une hausse du prix du baril au-delà de 100 dollars et bouleverse les marchés mondiaux. L’inflation énergétique, l’augmentation des coûts industriels et la perturbation des chaînes logistiques (matières premières, phosphates, engrais) sont déjà palpables. Chaque micro-frappe, chaque drone ou missile iranien devient ainsi un levier géoéconomique, transformant la guerre en outil de pression globale.
Une guerre où la victoire est un concept flou
La combinaison de la doctrine mosaïque et de la guerre asymétrique transforme le conflit en une lutte d’usure et de résilience. La supériorité technologique ne suffit pas : l’adversaire doit supporter le coût économique, la pression permanente et la saturation des systèmes. La guerre cesse d’être frontale et devient organique, où chaque action de défense américaine est absorbée par la complexité et l’usure.
Le système iranien, capable de se renouveler sous chaque leader, convertit sa vulnérabilité apparente en force stratégique durable. Chaque cellule autonome, chaque micro-frappe et chaque commandant protégé renforcent un système où l’ennemi est confronté à un dilemme permanent : intervenir coûte trop cher, avec des pertes humaines potentiellement catastrophiques, et ne rien faire est impossible. La mosaïque iranienne, alliée à sa guerre asymétrique et à sa diplomatie calculée, démontre que la puissance n’est pas seulement une question de moyens : elle est une question de structure, de résilience et d’endurance stratégique.
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