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الخميس، 18 جوان 2026

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Etats-Unis - Iran: que vaut un accord signé par Trump?

Etats-Unis - Iran: que vaut un accord signé par Trump?

 

Abed Charef

 

Au moment de signer le protocole d’accord du 17 juin mettant fin à la guerre entre l’Iran, les Etats-Unis et Israël, les dirigeants iraniens se posaient forcément cette question : combien de temps tiendrait cet accord? Quand les Etats-Unis et Israël vont-ils le violer pour lancer une nouvelle agression ? Quels prétextes utiliseront-ils, sous quelle forme reprendra la guerre, et que doit faire l’Iran pour être prêt à la future confrontation ?

Ces questions s’imposent pour deux raisons essentiellement: la non fiabilité de la parole américaine, et le contenu de l’accord, largement favorable à l’Iran, ce qui pousse forcément à se demander pourquoi les Américains ont été si généreux.

En fait, les dirigeants iraniens ne sont pas naïfs. Ils se rendent compte que Donald Trump a cédé sur presque toutes leurs exigences. Pourquoi? Parce que le président américain est sous pression. Il se trouve pris dans un calendrier défavorable, il est contraint de faire des concessions qu’il ne se sentira plus tenu de respecter quand la conjoncture lui sera plus favorable.

Pour l’heure, Donald Trump fait face à de multiples pressions. Il doit gérer une coupe du monde de football, il se prépare à des élections délicates en novembre prochain, il veut fêter dans le faste le 250ème anniversaire des Etats-Unis, et il est contraint de tenir compte de sa chute de popularité au sein d’une opinion américaine durement touchée par les effets de la guerre. La guerre a aussi eu des effets négatifs en cascade sur l’économie mondiale, ce qui contrarie le calendrier politique de Donald Trump. 

 

Une mobilisation militaire onéreuse

Sur un plan strictement militaire, même un pays de l’envergure des Etats-Unis ne peut maintenir indéfiniment une mobilisation aussi longue, impliquant autant de forces, pendant une si longue période. En l’occurrence, il s’agit de trois porte-avions et de tout ce qui les accompagne, c’est-à-dire des centaines d’avions, de navires, des dizaines de milliers d’hommes, ce qui pose des questions de logistique, d’entretien, de rotation du personnel et de réparation de bases endommagées par les missiles iraniens. Ceci constitue un casse-tête supplémentaire pour l’armée américaine, sans compter que la concentration de ces forces autour de l’Iran dégarnit des fronts susceptibles d’inquiéter la hiérarchie militaire américaine.

 

Les pays du Golfe hostiles à la guerre

Au plan régional, les pays arabes du Golfe ont découvert que la présence militaire américaine supposée les protéger constituait en fait la première menace pour leur propre sécurité. A l’exception des Emirats, qui ont montré un certain zèle dans leur agressivité contre l’Iran, les autres pays ont pris leurs distances, quand ils n’ont pas ouvertement refusé l’utilisation de leur territoire pour attaquer l’Iran. L’exemple le plus significatif est l’Arabie Saoudite, qui a été publiquement menacée par Trump en raison de son attitude hostile à la guerre.

Les pays du Golfe ne veulent pas de guerre. Celle-ci a menacé leur sécurité, déstabilisé leur économie, et bloqué leurs exportations, dont celles du pétrole, qui font leur force. Ils perçoivent toute journée de guerre supplémentaire comme une attaque directe contre leurs intérêts et leurs stabilité.

 

L’opinion internationale a basculé

Au sein de l’opinion internationale, la guerre contre l’Iran est devenue largement impopulaire. Effet collatéral encore plus significatif, Israël est désormais perçu comme une menace pour la paix, et non plus comme un Etat menacé qu’il faudrait défendre. C’est probablement le changement le plus important induit par les agressions israéliennes contre Ghaza et le Liban, puis les agressions américano-israéliennes contre l’Iran.

Tous ces éléments ont agi de manière convergente pour convaincre Donald Trump de la nécessité de lâcher l’affaire, même temporairement. Ce qu’il a fait, en pensant qu’il sera toujours possible de revenir sur ses engagements, de déchirer l’accord plus tard, et de renier sa propre parole.

Dès lors, Trump peut tout lâcher, tout promettre. Du moment que l’Iran accepte de ne pas travailler à posséder la bombe nucléaire (Téhéran a toujours déclaré ne pas être intéressé par la bombe), il peut tout obtenir: la récupération de ses fonds bloqués par les occidentaux, la liberté de vendre son pétrole, et même un bonus sous la forme d’un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars. Du moment qu’on fait de fausses promesses, autant y aller à fond. Y compris le déblocage du détroit d’Hormuz, présenté comme un exploit américain alors que la navigation y était libre jusqu’à fin février.

 

Méfiance iranienne

C’est probablement ce qui inquiète le plus les iraniens: leur vis-à-vis américain cède sur tout, mais il n’a pas de parole, comme le montrent ces rappels.

Un premier accord sur le nucléaire iranien a été conclu en 2015, durant l’ère Obama. Il été renié par Trump lui-même.

Un engagement a été pris en 2025 pour poursuivre de nouvelles négociations, mais les américains et les israéliens ont agi en traîtres, attaquant l’Iran dans le dos alors que des discussions étaient en cours, provoquant l’indignation des médiateurs omanais.

En fait, les américains sous Trump agissent selon une méthode dangereuse. Ils discutent, négocient, ils peuvent même conclure des accords, mais ils agissent selon le rapport de forces du moment. S’ils estiment possible d’arriver à un objectif en ignorant les accords conclus, ils le font. Un accord n’est, pour eux, qu’un bout de papier qu’ils ont été contraints de signer en raison d’une conjoncture défavorable.

C’est probablement ce qui a poussé les Iraniens à inscrire dans le protocole d’accord du 17 juin l’idée de faire avaliser un futur accord définitif par le conseil de sécurité de l’ONU. Cela donnera au document un caractère un peu plus contraignant, même si Américains et Israéliens n’affichent que peu de respect pour le conseil de sécurité et pour la légalité internationale.

 

Seul le rapport de forces

Initialement, en lançant cette guerre, américains et israéliens avaient affiché de nombreux objectifs: défaire militairement l’Iran, changer le pouvoir en place, détruire les capacités industrielles et militaires du pays, tuer les dirigeants, etc. A part les assassinats et les destructions, l’agression israélo-américaine a largement échoué. Trump a donc été contraint de changer de méthode, d’autant plus que l’Iran a montré des capacités de porter des coups très durs à Israël. En fait, c’est la capacité de l’Iran à provoquer des destructions en Israël qui a été déterminant.

Alors, Trump fait semblant de céder. Momentanément. Mais la véritable nature de l’alliance américao-israélienne ne change pas. Elle est tout entière dans ce crime: le 28 février 2026, au premier jour de l’agression américano-israélienne contre l’Iran, l’armée américaine a bombardé une école à Minab, dans le sud de l’Iran, tuant 175 écolières et enseignantes.

Cela, les Iraniens ne l’oublieront pas.

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