anep-logo-new

الاثنين، 8 جوان 2026

  • Logo of instagram
  • Logo of facebook
  • Logo of youtube
  • Logo of tiktok

L’Iran change de statut, la guerre dans le Golfe a changé de nature

L’Iran change de statut, la guerre dans le Golfe a changé de nature

 

Abed Charef

 

Finis les faux cessez-le-feu, les trêves non respectées, les coups bas qui s’enchaînent, les crimes ininterrompus au Liban et en Palestine. En lançant une salve de missiles contre Israël, dimanche 7 juin, l’Iran a mis fin à une situation intolérable dans la guerre au Moyen-Orient. Alors qu’un accord pour mettre fin aux affrontements était supposé s’imposer sur tous les fronts, Israël poursuivait méthodiquement la destruction du Liban et l’anéantissement de la Palestine, pendant que Donald Trump animait la scène médiatique pour détourner les regards du crime qui se poursuit depuis des mois.

Le bilan est effrayant. 3.600 personnes tuées et plus de 11.000 blessées au Liban depuis le début de l’agression contre l’Iran, une cinquantaine de villages totalement rasés, des dizaines d’autres fortement touchés, et Israël qui occupe une partie du territoire libanais.

En Palestine, on en est à plus de 1.000 morts , essentiellement à Ghaza.

Alors que Donald Trump fait semblant de négocier, l’armée israélienne tue, détruit, dans une folie guerrière sans limites. Dans une impunité totale.

Israël n’a pas besoin d’expliquer, de justifier. Elle se contente d’une méthode éprouvée. Il lui suffit de dire qu’elle visait des hommes du Hezbollah ou du Hamas pour que tous les officiels occidentaux acquiescent doctement. Peu importe que les victimes soient des civils, des enfants, des secouristes.

Quand, parfois, la version présentée par l’armée israélienne est si évidemment fausse que même ses alliés les plus inconditionnels ne peuvent l’accepter, l’état-major israélien annonce qu’une enquête a été ouverte. Car cette armée ne tue pas d’innocents, jamais de civils, encore moins d’enfants. Elle prend même la peine d’avertir les habitants d’un village avant de le bombarder.

L’ouverture d’une enquête, qui n’aura jamais de suite, efface tout.

Assassinat de militaires libanais? L’armée israélienne mène une enquête.

Un soldat israélien tue un enfant de sept mois? Une enquête est lancée.

C’est de la simple routine de communication que les grand médias occidentaux eux-mêmes, pourtant si dociles, commencent à trouver indigeste.

 

S’acharner sur les plus faibles

En fait, après un mois de guerre, Israël et les Etats-Unis étaient arrivés à une conclusion : l’Iran est en mesure de provoquer des dégâts immenses en Israël, d’endommager sérieusement les bases américaines dans la région du Golfe, tout en maîtrisant les dégâts subis. La guerre contre l’Iran n’a pas d’issue. Il n’y a pas de victoire possible au bout. Nombre d’analystes n’hésitent pas à dire que l’Iran a gagné cette guerre, du moment qu’il est n’est pas loin d’atteindre ses propres objectifs alors que les Etats-Unis et Israël ont admis qu’ils ne pouvait atteindre les leurs.

A défaut de défaire l’Iran, Israël et les Etats-Unis, dans un savant partage des rôles, s’acharnent sur les maillons les plus faibles. Palestine et Liban. C’est ce que fait Israël de manière méthodique, planifiée: tuer un maximum de gens, détruire l’infrastructure du pays, semer la mort et la désolation avec un seul objectif, tout ce qui entoure Israël doit soit être totalement soumis, soit totalement détruit.

Cela ne pouvait laisser indifférent l’Iran qui s’en sortait, certes, plutôt correctement d’un mois de guerre, mais ne pouvait supporter de se retrouver neutralisé par une fausse trêve pour permettre à Israël de se concentrer sur les autres acteurs les plus faibles de la région. Les attaques iraniennes de dimanche 7 juin répondent à cette préoccupation: soit la trêve est générale, et concerne le Liban aussi, soit elle est caduque et chacun assume ses responsabilités.

Pour imposer un tel choix, Téhéran doit visiblement se sentir en position de force. D’habitude, l’Iran se contente de riposter aux agressions israéliennes, de manière plutôt graduée. Là, c’est Téhéran qui se lance dans une offensive osée. Ce qui montre que le conflit a changé de nature: l’Iran n’est plus une victime qui tente de se défendre, il devient une puissance capable d’imposer son propre agenda.

اخبار اخرى