اتفاقية للمكتبة الرقمية بين ديوان المطبوعات الجامعية والمدرسة الوطنية العليا للأشغال العمومية بالقبة
أخبار
2026-10-11

Abed Charef
Après un été marqué par la polémique sur la place de la langue française, l’école algérienne est de nouveau dans la tourmente, avec de nouvelles affaires secouant l’administration de l’éducation. Cette fois-ci, il s’agit d’initiatives irréfléchies prises par des responsables d’établissements, certains croyant bien faire, d’autres agissant sous la colère ou peut-être motivés par des considérations idéologiques.
A dire vrai, les décisions elles-même ont un impact limité. Mais amplifiées par les réseau sociaux, elles ont pris une dimension politique et symbolique insoupçonnée. Elles laissent d’autant plus de place à l’interprétation et à la manipulation qu’elles sont souvent lointaines et entourées d’opacité.
De prime abord, c’est le caractère irréfléchi de ces décisions qui frappe. Qu’est-ce qui motive un directeur d’école primaire pour décider d’interdire la fameuse «loumdja», le goûter, au sein de l’établissement ? Est-il besoin d’expliquer à un directeur d’école, arrivé à ce poste après de longues années passées comme enseignant, donc pédagogue, est-il besoin de lui expliquer que nombre d’élèves sortent de chez eux à sept heures le matin et ne rentrent que vers dix-sept heures? Que les parents de certains d’entre eux ne peuvent se permettre de payer à leurs enfants de quoi manger, et qu’ils leur fournissent «loumdja» et déjeuner à emporter avec eux ? En outre, avec la chaleur qui a régné jusqu’à cette mi-octobre, comment oser interdire aux enfants de venir avec une gourde ou une bouteille d’eau?
On peut imaginer un chef d’établissement excédé par des bouteilles en plastique et des sachets contenant le reste de sandwiches jetés dans la cour de l’école. Mais n’est-ce pas le rôle du chef de l’établissement de faire la pédagogie nécessaire pour faire évoluer ses élèves, leur apprendre les règles de la discipline et de l’hygiène, les inciter à préserver la propreté de leur école? Gérer des enfants par l’interdit, est-ce pédagogique?
Motivations douteuses
La seconde affaire qui a fait grand bruit est celle d’un proviseur de lycée qui a décidé, par une simple instruction, de fixer de nouvelles règles pour désigner le tuteur d’un élève et la procédure pour les contacts enseignants - parents d’élèves. Le responsable en question a décidé d’exclure les femmes de ce rôle de tuteur.
Son lycée a-t-il fait l’objet d’un conflit après l’intervention de la mère d’un lycéen? A-t-il entendu parler de l’histoire d’une enseignante décédée suite à une rencontre tendue avec la mère d’un élève dans un établissement lointain ? A-t-il pris cette décision pour des raisons idéologiques, religieuses, pour affirmer son pouvoir, par misogynie ou par simple bêtise?
Toujours est-il que les réseaux sociaux se sont enflammés. Une Algérie «barbue» ou traditionnelle a appuyé la décision de ce directeur d’établissement, une autre partie de la société a trouvé dans son comportement les maux qui minent précisément l’école algériennes. Il est vu comme le représentant d’un islamisme rampant qui n’a jamais réellement désarmé, ou comme le modèle d’une société archaïque qui veut encore maintenir la femme dans un statut inférieur.
Le ministère de l’éducation a été contraint de réagir, pour rappeler les règles en vigueur et les fondamentaux à observer: les enseignants et les parents sont des partenaires, non des adversaires; leur relation doit être animée par un esprit de concertation et de coopération, elle n’est pas un champ de confrontation; personne ne peut dénier à la mère son rôle de tuteur.
Mais l’affaire a dérapé, et tous les sujets ont été dès lors remis sur la table, dans le désordre: la faiblesse, supposée ou réelle, de l’enseignement, les accusations contre l’école supposée former du personnel inadapté, voire des terroristes, le wahabisme rampant qui aurait envahi le système scolaire.
Il y avait là de quoi relancer la polémique de l’été, celle qui a commencé en juillet par une décision visant à remplacer le français par l’anglais à partir de la troisième année du primaire, décision finalement annulée un mois plus tard quand on a admis qu’elle était inapplicable. Entre-temps, la rentrée scolaire, déjà reportée précisément pour permettre de bien préparer cette introduction massive de la langue anglaise, a eu lieu sans changement majeur. C’est dire que les décisions irréfléchies ne sont pas le seul fait de responsables du bas de la hiérarchie du secteur de l’éducation.
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