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الأحد، 8 فيفري 2026

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Jeffrey Epstein n’est ni arabe, ni noir, ni musulman

Jeffrey Epstein n’est ni arabe, ni noir, ni musulman

 

Abed Charef

 

Jeffrey Epstein, agent russe? C’est la dernière divagation lancée dans un pays occidental. L’homme que la haute société occidentale fréquentait, l’ami des riches et des puissants, celui dont on cherchait les faveurs tout en faisant semblant d'ignorer son activité principale, celle de délinquant, maître chanteur, rabatteur, proxénète, ne serait qu’un agent du KGB ayant réussi un joli coup, déstabiliser la démocratie américaine, avant de se suicider, une fois sa mission accomplie.

En fait, le scandale Epstein est tel que tous les délires sont permis. Plus rien n’est désormais exclu. Voir Donald Trump attaquer l’Iran pour offrir un dérivatif à la presse et à l’opinion internationales, voir Israël déclencher une nouvelle guerre contre l’Iran, la Syrie, l’Égypte, peu importe, pour détourner les regards des méfaits de son ancien agent, voir les hommes les plus puissants, les plus médiatiques, les plus riches du monde défiler devant un tribunal pour relater leurs mœurs sordides et leur dépravation: tout, absolument tout est désormais possible, tout peut être envisagé.

C’est que Jeffrey Epstein, «suicidé» en 2019, connaissait et fréquentait les présidents américains, les grands patrons, les hommes influents, les dirigeants occidentaux et les hommes qui ont symbolisé les États-Unis durant le dernier demi-siècle, de Bill Clinton et Bill Gates. Il les a entraînés dans des «loisirs» interdits.

En outre, tout indique que l’homme filmait ses victimes dans des postures ignobles et les faisait chanter. Au profit de qui? Un «kompromat», méthode par laquelle le KGB entraînait ses victimes dans des actions délictueuses pour ensuite les faire chanter, selon la pensée correcte.

 

Des hommes sous influence

Par contre, dire d’un financier juif new-yorkais, ami de l’ancien premier ministre israélien Ehud Barak, ayant des liens avérés avec la famille Rostchild, qu’il serait un agent israélien est à la fois complotiste et antisémite.

Pendant des années, les faiseurs d’opinion occidentaux ont défendu l’idée selon laquelle Donald Trump serait sous influence russe, peut-être à cause d’informations compromettantes ou d’images dangereuses que Moscou détiendrait sur lui. Aujourd’hui, tout est public: on sait qui détenait des images compromettantes sur Donald Trump, et pour quels services spéciaux il travaillait. Le système américain, si implacable dans certaines affaires, pourra-t-il aller jusqu’à tenter de savoir sous quelle influence Donald Trump a pris des décisions aussi graves que bombarder l’Iran ou dire que le Sahara Occidental devrait revenir au Maroc?

 

L’image du criminel absolu

Un autre volet est en train de devenir pesant: l’influence de la communauté juive américaine sur la politique des États-Unis. Tout le monde connaissait le poids de l’AIPAC, des grands médias et des grands patrons d’origine juive qui apportent aide financière et technologique à Israël. Le rôle des réseaux occultes était, par contre, moins connu. Celui des hommes d’influence non plus.

Aujourd’hui, alors que l’opinion américaine bascule au profit des Palestiniens à la suite des crimes commis par Israël à Ghaza, c’est le rôle désastreux, maléfique, d’hommes de réseaux juifs qui est mis en avant. Epstein en fait partie.

Il est lié à ce que la société connaît de plus glauque: prostitution de mineurs, pédophilie, corruption, utilisation du pouvoir politique et celui de l’argent pour corrompre justice et médias, chantage, etc. C’est un condensé de crimes comme on en rarement vu. Une caricature de criminel absolu.

Plus grave encore: même si elle a mis près d’une décennie pour exploser totalement, l’affaire Espstein a été révélée en même temps qu’une autre, tout aussi emblématique d’une époque, celle liée au producteur de cinéma Harvey Weinstein, dont le comportement révulsant a provoqué le mouvement mee-too. On retrouve les mêmes ingrédients: un homme d’influence juif, adossé à de puissants réseaux aux confins de la finance et du cinéma, utilisant ses pouvoirs pour assouvir une sexualité criminelle tout en étant en cheville avec les services secrets israéliens.

Ce n’est pas de la fiction. Ce n’est pas de l’antisémitisme. Ce n’est pas de la caricature. On est face à des hommes très réels, qui ont existé, qui ont commis des crimes terrifiants; des hommes qui répondent à une description telle que les présentait une littérature dangereuse qui a prospéré à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle.

Ce ne sont ni des arabes, ni des noirs, ni des musulmans. Ils ont pour noms Netanyahou, Epstein, Weinstein.

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