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أخبار
2026-07-20

Riad Ait Larbi
Ce lundi, Pedro Sánchez foule à nouveau le sol algérien. Près de six ans après sa dernière visite, le président du gouvernement espagnol est reçu par le président Abdelmadjid Tebboune dans un climat apaisé. L’objectif ? Sceller officiellement la réconciliation entre l’Espagne et l’Algérie après plus de quatre années de tensions parfois vives.
La brouille de 2022 reste dans tous les esprits : le soutien de Madrid au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental avait profondément irrité Alger, qui avait alors suspendu le Traité d’amitié de 2002 et freiné les échanges commerciaux. Mais le temps a fait son œuvre. Après une phase de dégel discret, notamment lors de la visite du ministre José Manuel Albares en mars, les deux pays choisissent aujourd’hui de tourner définitivement la page.
Gaz, business et intérêts concrets
Accompagné de la vice-présidente Sara Aagesen, en charge de la Transition écologique, et de plusieurs patrons de grands groupes énergétiques (Repsol, Naturgy, Enagás…), Sánchez met clairement l’accent sur la coopération énergétique. L’Algérie demeure un partenaire vital pour l’Espagne, fournissant près de 35 % de son gaz naturel. Au menu : augmenter les livraisons via le gazoduc Medgaz, sécuriser les contrats à long terme et explorer de nouveaux investissements communs.
Le volet économique n’est pas en reste. Après une forte reprise des échanges en 2025, les deux pays veulent aller plus loin : attirer davantage d’entreprises espagnoles, diversifier leurs partenariats et renforcer les liens dans des secteurs comme l’industrie, l’agroalimentaire ou les énergies vertes.
D’autres sujets concrets sont également sur la table : la gestion des flux migratoires, la stabilité en Méditerranée occidentale et au Sahel.
Un rapprochement pragmatique et humain
Malgré les divergences persistantes sur le Sahara, Madrid et Alger ont décidé de privilégier ce qui les unit plutôt que ce qui les divise. Un choix pragmatique qui fait du bien après des années de crispations. La position claire et constante de Pedro Sánchez en faveur de la Palestine et de la solution à deux États constitue, elle aussi, un point de convergence apprécié des autorités algériennes.
Cette visite d’une seule journée, qualifiée de « hautement significative » par la presse espagnole, n’a rien d’un sommet fastueux. Elle est avant tout utile et terre-à-terre : deux voisins méditerranéens qui se parlent à nouveau, conscients de leur interdépendance.
Au final, le message est simple et direct. Pour Sánchez comme pour Tebboune, le temps des querelles est derrière. Celui de la coopération concrète et du respect mutuel est de retour. Une normalisation bienvenue dans une région qui en a bien besoin.
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