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الثلاثاء، 3 نوفمبر 2026

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Il utilise WhatsApp normalement. Pourtant, quelqu'un lit tous ses messages

Il utilise WhatsApp normalement. Pourtant, quelqu'un lit tous ses messages


Redha Benyamina 

Ingénieur 

 

C'est l'histoire d'un homme qui n'a rien remarqué. Son téléphone sonne, il répond, il envoie des messages, il consulte ses groupes. Tout fonctionne. Sauf qu'en arrière-plan, un inconnu, peut-être à des milliers de kilomètres, lit chacune de ses conversations, télécharge ses photos, et intercepte les codes de sa banque.

Et si cet homme faisait partie de l'entourage d'un haut responsable de l'État ? Et si, sans le savoir, il était devenu une porte d'entrée vers les plus hautes sphères du pouvoir ?

La technique s'appelle GhostPairing, l'appairage fantôme. Elle n'exige ni mot de passe, ni carte SIM, ni aucune compétence technique. Elle exploite une fonction que WhatsApp a créée pour notre confort : la possibilité de lier son compte à un ordinateur, comme sur WhatsApp Web. Le pirate retourne cette fonction contre nous. Il envoie un lien anodin depuis un compte déjà piraté, « Regarde cette photo de toi », « Vote pour ma fille ». La victime clique, saisit son numéro, reçoit un code à six chiffres, et le tape. Ce code ne vérifie rien : il lie le navigateur du pirate à son compte.

Dès cet instant, le téléphone de la victime continue de fonctionner normalement. Aucune alerte. Aucune notification. Le pirate est devenu un fantôme dans la machine.

Ce que ce fantôme emporte est vertigineux. Le carnet d'adresses complet, pour un officiel, c'est la carte de tout son réseau. Les conversations stratégiques, les documents, les coordonnées de collaborateurs. Et surtout, les codes OTP que les banques envoient par WhatsApp. Un compte compromis, c'est un compte bancaire à portée de main.

L'Algérie compte 27 millions d'utilisateurs de WhatsApp. Un terrain de chasse immense. Des experts locaux ont publiquement alerté sur « l'augmentation des tentatives de prise de contrôle » par cette méthode. Le ministère de la Poste et des Télécommunications a saisi Meta pour exiger que chaque compte soit lié à un numéro vérifié par un opérateur national, invoquant « la fraude, l'usurpation d'identité et la cybercriminalité ».

Mais le problème est plus profond. Selon nos sources, des personnes ayant dans leur répertoire le numéro personnel des hauts responsables ont été compromises sans le savoir. Leur téléphone fonctionne. Leur vie continue. Et pourtant, elles sont une porte ouverte vers les plus hautes sphères de l'État.

La dimension géopolitique est difficile à ignorer. Les révélations Pegasus ont déjà établi que des officiels algériens de haut rang ont été ciblés par des logiciels espions d'origine étrangère. GhostPairing est la version low-cost, déniable et silencieuse de cette même guerre. Pas besoin de ressources étatiques massives : un site frauduleux, un compte piraté, et la patience suffisent.

 

Alors, que faire ? Trois gestes. Ouvrir WhatsApp, aller dans « Appareils connectés », et déconnecter tout appareil inconnu. Activer la vérification en deux étapes. Et surtout, ne jamais saisir un code reçu par message, même si un ami vous le demande.

Car le vrai danger n'est pas le pirate. C'est le silence. Celui d'un téléphone qui fonctionne trop bien, pendant que quelqu'un, quelque part, lit tout.

Et vous, avez-vous vérifié vos appareils connectés aujourd'hui ?

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