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الخميس، 5 نوفمبر 2026

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Effet midterms: le baril perd plus de 20 dollars

Effet midterms: le baril perd plus de 20 dollars

 

Abed Charef

 

Le baril est en chute libre. Effet direct des midterms, le prix du pétrole a connu une chute vertigineuse amorcée lundi 2 novembre à la veille des élections américaines, accélérée avec l’annonce des résultats mercredi 4 novembre. En fait, l’ampleur de la baisse des prix du pétrole n’a d’équivalent que l’ampleur de la défaite de Donald Trump et de son camp pour cette élection de mi-mandat, marquée par une percée remarquable de la gauche du parti démocrate, qui a permis une victoire sans précédent des opposants à Donald Trump.

Après un pic à 117 dollars le 30 octobre, le baril de brent de la mer du nord a perdu près de 13 dollars lundi 2 novembre, veille des élections américaines. Comme si le marché anticipait déjà la débandade du camp républicain lors de ce scrutin qui devait renouveler un tiers des membres du Sénat et la totalité de la chambre des représentants.

Le jour des élections, mardi 3 novembre, le baril marquait une pause, avec une baisse d’un dollar seulement, comme si le marché hésitait, pris d’un doute, aussi bien sur le résultat du vote que sur ses implications géopolitiques et économiques.

Mais après l’annonce des premiers résultats qui annonçaient ce qui s’apparente à une défaite cuisante du camp Trump, le baril est reparti à baisse, perdant près de dix dollars en une journée. Mercredi en début de soirée, il était en dessous de 95 dollars.

 

Déroute du camp Trump

Cette baisse apparaît comme une conséquence directe de la défaite de Donald Trump et de son camp: les démocrates sont assurés de remporter au moins 54 sièges de sénateur sur 100, peut-être même 56, alors qu’à la chambre des représentants, leur avance est confortable, avec une avance d’une centaine de sièges. La défaite est d’autant plus significative que Donald Trump avait remporté assez nettement la présidentielle de 2024, et que depuis cette date, les républicains disposaient de 53 sièges au Sénat contre 45 aux républicains, et 200 sièges à la chambre des représentants contre 215. Rarement un président des États-Unis n’avait été aussi confortablement élu que Trump, tout en disposant d’une majorité dans les deux chambres. Cet avantage a littéralement fondu.

 

Les incertitudes persistent

Reste à savoir comment la défaite du camp Trump va influer sur le prix du pétrole à moyen et long termes. Un consensus semble se dégager chez les analystes : les démocrates vont utiliser la majorité dont ils disposent au congrès pour empêcher Trump de mener sa guerre chaotique contre l’Iran. Une guerre dont plus personne n’est en mesure de dire les objectifs ni de comprendre la stratégie.

Une baisse de la tension dans la région du Golfe, avec une réouverture éventuelle du détroit d’Hormuz, permettrait de revenir à un approvisionnement normal du marché, ce qui signifierait un soulagement pour les pays consommateurs.

Mais un retour à des prix bas semble exclu dans l’immédiat. Pour trois raisons en moins.

D’abord, la tension persiste au Moyen-Orient, et rien n’indique que Donald Trump va mettre fin à sa guerre contre l’Iran. Ses motivations réelles demeurent une énigme, personne n’est en mesure de dire quelle est la nature de l’emprise israélienne sur ses décisions, et ses décisions erratiques sont toujours incontrôlables.

Et puis, les démocrates sont-ils hostiles à cette guerre contre l’Iran, veulent-il y mettre fin, ou bien leur objectif est plutôt de mettre Donald Trump en difficulté, pour préparer dans les meilleures conditions la présidentielle de 2028?

Ensuite, le moment est compliqué pour une baisse du prix du baril. Les réserves stratégiques américaines de pétrole sont déjà en forte baisse. Il en est de même pour nombre de pays consommateurs, qui ont préféré différer leurs achats quand les prix étaient élevés. Il faudra donc reconstituer ces réserves dans les semaines et les mois qui viennent, ce qui va maintenir une certaine pression sur le marché.

A cela, il faut ajouter le fait que les réserves de gaz des pays européens sont à un niveau bas, inférieur à celui de novembre 2025, alors qu’on est à l’approche de l’hiver, période de forte consommation.

Enfin, le marché a besoin de temps pour rétablir la confiance et dépasser tous les éléments de déstabilisation encore en vigueur. Il faudra du temps par exemple pour réparer les installations endommagées en Arabie Saoudite et dans d’autres pays du Golfe pour que la production revienne à son rythme de croisière.

Tout ceci pour dire que si le baril a perdu plus de 20 dollars à l’occasion de ces élections de mi-mandat, personne n’est prêt à parier sur un pétrole bon marché dans l’immédiat.

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