ميناء سكيكدة يصدّر 3800 طن من الإسمنت نحو الأسواق الأوروبية
أخبار
2026-04-13

Abed Charef
En quelques jours, l’obsession de Donald de Trump est passée de la nécessité absolue d’ouvrir le détroit d’Hormuz, à une opération visant à imposer un double blocus du même détroit. Il appartiendra aux historiens d’expliquer, dans quelques années ou dans quelques décennies, comment le chef du pays le plus puissant au monde est passé d’une attitude à son opposé extrême. Mais pour l’heure, les analystes des plateaux télé font beaucoup de contorsions pour tenter d’expliquer les motivations et les objectifs de ce blocus annoncé par M. Trump. Ils ne savent toujours pas comment il sera organisé sur le plan militaire et technique, quel sera son impact, quels risques comporte-t-il.
Malgré ces inconnues, personne n’ose dire ouvertement ce qui est pourtant évident: le blocus américain contre le détroit d’Hormuz est une absurdité.
Incohérence
Il suffit, pour s’en rendre compte, de revenir à une équation primaire: qui gagne quoi, et qui perd quoi dans cette opération blocus ?
Le président Trump avait lui-même demandé aux Iraniens de rétablir la navigation dans le détroit d’Hormuz, en utilisant une formule que la décence interdit de répéter. Dans sa manière de voir les choses, sa colère était alors parfaitement logique. La fermeture du détroit d’Hormuz avait provoqué une flambée du prix du baril, laquelle s’est immédiatement répercutée sur le prix de l’essence aux Etats-Unis. Soucieux de ménager sa base électorale et l’opinion américaine en vue des élections de novembre prochain, Donald Trump avait intérêt à ce que la situation se normalise rapidement. Il avait d’ailleurs promis de mener des actions «incroyables» pour rétablir la liberté de navigation dans ce détroit, menacé l’Iran des pires représailles, et avait reproché à ses alliés de l’OTAN, à la Chine et au Japon, de ne pas s’impliquer suffisamment dans l’opération.
Ceci est tout à fait cohérent.
Double blocus?
Mais pourquoi aujourd’hui menacer d’un blocus mené par l’armée américaine, ce qui fermerait pour une longue période cette voie de navigation par où transite vingt pour cent du pétrole consommé dans le monde, sans oublier le gaz et d’autres produits dérivés fabriqués dans les pays du Golfe?
Les «experts» avancent plusieurs explications. Ils s’agirait selon eux d’étouffer l’économie iranienne, supposée dépendre totalement des hydrocarbures.
Cette hypothèse est bancale. D’abord parce que Trump n’a pas intérêt à un blocage des exportations iraniennes, car cela pousserait à une hausse supplémentaire des prix du baril, alors que lui-même est supposé chercher une baisse des prix.
Ensuite, l’Iran, déjà soumis à un embargo très dur, peut exporter une petite partie de sa production à travers d’autres débouchés, comme celui de Jask, situé à l’extérieur du détroit.
Enfin, l’Iran, en situation de guerre, peut recourir à des solutions extrêmes, comme vendre son pétrole par anticipation, en accordant de fortes réductions, à condition de recevoir les fonds nécessaires à son effort de guerre. Les acheteurs chinois, principaux clients de l’Iran, ont l’épaisseur nécessaire pour accepter de telles formules, qui leur feraient du reste gagner beaucoup d’argent.
Pression sur la Chine?
Une autre version a été avancée. Il s’agirait, pour les Etats-Unis, d’utiliser le blocus pour amener les amis de l’Iran à faire pression pour l’amener à assouplir ses positions. Mais si des partenaires importants de l’Iran, comme la Chine, souhaitent un rétablissement rapide de la navigation dans toute la région, ils ne sont pas prêts à appuyer une démarche américaine illégale, mal pensée, mal exécutée. Du reste, la Chine et l’Inde sont capables de supporter un choc pétrolier de quelques semaines, particulièrement s’il affaiblit les Etats-Unis, qui les menace à chaque occasion de nouvelles taxes douanières.
Par ailleurs, l’organisation d’un blocus confirmerait un échec sans précédent de la partie américaine. Non seulement celle-ci n’a pas anticipé l’impact d’une agression contre l’Iran sur le détroit d’Hormouz et les économies de la région, mais elle a aussi créé un nouveau problème à résoudre alors que les Etats-Unis voulaient initialement empêcher l’Iran d’accéder au nucléaire et détruire ses capacités militaires.
Le bonheur des pétroliers américains
Seule une petite voix soutient, dans une logique bien précise, l’idée d’un embargo américain. C’est celle qui, de manière très cynique, affirme que la flambée du prix du pétrole est bénéfique pour les Etats-Unis. Ceux-ci, grâce au schiste, sont devenus exportateurs nets d’hydrocarbures, et les grosses entreprises pétrolières et gazières feraient des bénéfices supplémentaires, même si cela se fera au détriment du petit consommateur, lequel n’a jamais figuré dans les priorités de M. Trump.
Mais au-delà de tous ces arguments, les analystes sont déboussolés par cette question, très simple: la priorité des Etats-Unis est-elle de rouvrir le détroit d’Hormuz ou de le fermer? Si même M. Trump n’est pas en mesure de le dire, il sera difficile de trouver une quelconque vertu à une décision qui, il faut bien l’admettre, ne relève d’aucune cohérence.
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