الفريق أول شنقريحة: تكوين الكفاءات والنخب وتأهيلها يعد أحد أولويات الدولة
أخبار
2026-07-21

Abed Charef
Une précision, pour commencer: je n’ai vu aucun match de cette coupe du monde, ni aucun débat sur les chaînes de télé algériennes. Je me suis contenté d’écouter des avis spécialisés, et, surtout de lire: des analyses, des statistiques, des chiffres, des appréciations sur la philosophie du jeu et son rapport avec la culture d’un peuple, ainsi que l’inévitable relation en la politique et la pratique du football.
Cela donne-t-il le droit de faire une intrusion pour parler de la coupe du monde? Pourquoi pas, puisque Donald Trump est intervenu directement dans la compétition pour requalifier un joueur américain suspendu, et pour empêcher l’équipe iranienne de participer à la compétition dans des conditions d’équité requises, avec la complicité scandaleuse de la FIFA. Celle-ci a d’ailleurs établi deux records pendant cette compétition: celui des recettes, qui ont explosé, et celui du comportement le plus avilissant envers Donald Trump et envers l’équipe d’Argentine.
Malgré cela, le football a fini par gagner, à travers un modèle qui a montré sa viabilité: le modèle espagnol. Il suffit de rappeler quelques faits et chiffres pour souligner l’efficacité de ce modèle.
Sur les dix compétitions de football les plus cotées des vingt dernières années, coupe du monde et euro, l’Espagne en a remporté la moitié. Trois euros (2008, 20012 et 2024), et deux coupes du monde (2010 et 2026).
Sur les dix entraîneurs actuellement les plus côtés dans le monde, cinq sont espagnols: Pepe Gardiola, Lui Enrique, Michel Arteta, Luis de la Fuente, Unai Emry, auxquels ont peut ajouter Xavi Alonso. De manière subjective, on pourrait dire que les cinq autres les plus côtés, non espagnols, sont les allemands Thomas Tuchel et Jurgen Klop, l’italien Carlo Ancelotti, l’argentin Diego Simeone et les français Didier Deschamps et Zineddine Zidane. Mais chacun peut mettre les noms qu’il veut.
Fin contrastée pour Ronaldo et Messi
La coupe du monde 2026 a aussi sonné la fin de carrière internationale des deux plus grandes stars des deux dernières décennies, Christiano Ronaldo et Lionel Messi. Si le premier a quitté la scène avec les honneurs, malgré une participation en demi-teinte, le second a vu son image fortement altérée, malgré une performance remarquable, car c’est lui qui a porté son équipe en finale.
Pour Lionel Messi, c’était visiblement la compétition de trop. Il a été au sommet du monde pendant deux décennies. Sept fois ballon d’or et dix fois champion d’Espagne, champion du monde également, vainqueur de quatre champion’s league, il a un palmarès unique. Pourtant, il termine sa carrière sur une note dégradante: son équipe est vue comme privilégiée, pratiquant un jeu brutal, totalement négatif, incapable du moindre tir cadré pendant une finale de coupe du monde.
Hasard? Deux autres équipes sud-américaines jouent de la même manière: le Paraguay et l’Uruguay. Ces trois pays sont présentés comme les moins métissés d’Amérique Latine, avec un long passé dictatorial. Leurs dirigeants tiennent parfois des discours ouvertement racistes. Il est difficile de ne pas faire le lien entre la culture politique d’un pays et sa manière de jouer au foot.
Deux grandes nations du football n’ont pas tenu leur rang durant cette coupe du monde: le Brésil et l’Allemagne. La Mannschaft a même sombré, elle qui a suscité la fameuse formule: le football se joue à onze, et à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne.
Pour la France, le bilan est plus contrasté. C’était l’un des favoris. Elle a failli contre l’Espagne, alors qu’elle aussi dispose d’un modèle très performant. La France est le pays de naissance du plus grand nombre de joueurs ayant participé à la compétition, près d’une centaine. La France est devenue le premier exportateur de footballeurs de haut niveau, et la banlieue parisienne est de son côté devenue l’un des plus grands pourvoyeurs de talents au monde.
L’échec de la France risque aussi d’avoir un impact politique négatif: une victoire de la France en coupe du monde, cela aurait probablement signifié que l’extrême droite française aurait perdu quelques points lors de la prochaine présidentielle.
Et l’Algérie dans tout cela?
Comme d’habitude, l’Algérie s’est piégée toute seule. Dès le début de la compétition, une cabale a été montée contre l’entraîneur Petkovic, accusé de tous les maux alors qu’il semblait avoir rempli son contrat: qualification à la phase finale et passage au deuxième tour. Son équipe a été battue par l’Argentine, futur finaliste, à l’issue d’un faux match (Messi aurait du être expulsé, ce qui aurait totalement changé cette coupe du monde), et éliminée ensuite par la Suisse, désormais quatorzième équipe mondiale au classement FIFA. Si on tient compte de l’effectif disponible, dans lequel manquent deux éléments de haut niveau en charnière centrale, et un autre dans les buts, le résultat n’est pas si mauvais.
Le forcing mené pour obtenir le départ de Petkovic par un clan qui semblait avoir déjà désigné son successeur a mené à l’impasse. Le climat ainsi créé ne permet plus à l’entraîneur actuel de travailler dans les conditions de sérénité requises, alors que son limogeage risque de coûter cher, sans garanties pour la suite.
Ce qui alimentera de nouvelles polémiques, aussi inutiles que stériles. Ce qui signifie aussi que Ali Bencheïkh a de l’avenir. Et que même si on a échappé à la coupe du monde, il sera difficile d’échapper à Ali Bencheïkh.
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